Qui se cache derrière l’institut linguistique Victor-Hugo de Nice ? Des professeurs, un médecin – le docteur Hazem Mawazini qui en est le président –, l’avocat de la mosquée En-Nour et… Un conseiller municipal d’Éric Ciotti : Yassen Djendel. Un nom qui parle aux musulmans niçois : Yassen Djendel, avocat de formation et fraîchement élu, est le fils d’Abou Djendel, un homme respecté, qui a été un des éminents responsables de la communauté musulmane des Alpes-Maritimes.
Dans les statuts déposés en préfecture, il apparaît comme l’un des sept membres fondateurs de l’association « Institut linguistique Victor Hugo » créée le 30 juin dernier. Sur le papier, il est également mentionné qu’il en est le secrétaire général.

Sur le papier seulement, jure-t-il. Contacté, Yassen Djendel s’inscrit en faux : « Je tombe des nues, je n’ai jamais rien signé, je n’ai jamais participé à une seule réunion, je n’y ai jamais mis les pieds, on m’a inscrit à mon insu ».
« Je découvre aujourd’hui que mon nom est cité »
« Je connais le docteur Mawazini, il m’a contacté en juin dernier, m’a parlé de son projet d’institut linguistique et culturel et m’a demandé si je souhaitais y participer. Je lui ai répondu que je ne voulais pas être membre, il a pris acte. Je découvre aujourd’hui que mon nom est cité dans les statuts… », assure-t-il.
Pour appuyer ses dires, il produit un courriel du docteur Hazem Mawazini.
Dans cet écrit rédigé le 7 mai – après que la rédaction de Nice-Matin l’ait sollicité – le président de l’institut reconnaît : « Je vous confirme que c’est par erreur, en contradiction avec votre décision de refuser de faire partie de l’association, que des documents et statuts de l’association ont pu être déposés en préfecture, vous mentionnant comme membre fondateur et secrétaire général de cette association. Je confirme que ces statuts ainsi rédigés ont été déposés à votre insu, sans que vous en soyez informé et sans votre accord. Je suis sincèrement désolé de l’erreur ainsi commise et des désagréments causés. Nous allons faire le nécessaire pour corriger cela ».
Comment une telle « erreur » a-t-elle pu se produire et perdurer pendant près d’un an ? Contacté Hazem Mawazini n’a pas répondu.
De son côté, Yassen Djendel déposera-t-il plainte ? « Je me réserve le temps de la réflexion », assure l’élu ciottiste qui se dit « très embarrassé et désemparé » par cette affaire. Une affaire compatible avec son nouveau mandat ? Sollicité par Nice-Matin, le maire niçois Éric Ciotti n’a pas donné suite.