Dans un cyclisme français qui n’en finit plus de gagner, le bolide de l’équipe Soudal Quick-Step est venu rappeler, lors d’un sprint tout en puissance, qu’il n’y avait pas que Paul Seixas dans la vie.

« C’est beaucoup d’émotions, j’ai du mal à réaliser », a déclaré Paul Magnier au sortir de sa victoire lors de la première étape du Tour d’Italie ce vendredi. On l’avait quitté frustré par une campagne de classiques flandriennes décevante et malchanceuse, alors qu’il avait levé les bras fois sur le Tour de l’Algarve en février.

Il avait renoncé à Paris-Roubaix

L’Isérois a renoncé à Paris-Roubaix, après sa 36e place sur le Tour des Flandres, pour aller se préparer en altitude dans la Sierra Nevada espagnole avec l’ambition de faire oublier ce début de printemps maussade.

La renaissance a été spectaculaire ce vendredi sur le boulevard Demokratsia de Burgas pour décrocher sa première victoire dans un grand Tour et prendre la suite de Bruno Armirail, dernier Français à porter le maillot rose, en 2023.

Parfaitement protégé par ses équipiers, il a réglé un groupe d’une dizaine de coureurs qui s’était sorti d’une grosse chute à 600 mètres de l’arrivée, éliminant des sprinteurs comme Dylan Groenewegen ou Kaden Groves.

Placé dans le sillage de Tobias Lund Andresen, il a déboîté le Danois de la formation Decathlon CMA CGM pour le devancer d’un demi-vélo dans une arrivée en faux-plat montant.

Lund Andresen : « Si ça avait été quelqu’un d’autre, je pense que j’aurais gagné »

« Si ça avait été quelqu’un d’autre que Paul Magnier dans ma roue, je pense que j’aurais gagné », avouait Lund Andresen. Derrière Magnier on retrouve des gros noms comme le Britannique Ethan Vernon et l’Italien Jonathan Milan, maillot vert du dernier Tour de France. « L’année dernière j’étais venu sans forcément d’objectifs mais cette année oui et je peux déjà les atteindre », savourait Magnier après cette étape courte (147 km) et sans grand intérêt jusqu’à l’emballage final.

Il défendra son maillot rose dès ce samedi, dans une étape qui mènera le peloton de Burgas à Veliko Tarnovo, sur un parcours accidenté qui risque d’être trop difficile pour les sprinteurs. « On verra, a-t-il nuancé J’ai peut-être une chance de survivre car je me sens bien et je me suis bien entraîné en altitude. Mais je vais déjà profiter de ce maillot ce soir. »