Dans Battle Royale de Kinji Fukasaku, la mort absurde de Takeshi Kitano tranche avec la violence du film et en révèle toute l’ironie et le malaise.
« Battle Royale. » Aujourd’hui, ce terme est surtout présent dans le jeu vidéo et continue de grandir : PUBG : Battlegrounds, Fortnite, Apex et autres Call of Duty ont tous épousé cette formule aux airs de poule aux œufs d’or. Même Mario Kart World a implémenté un mode survie inspiré de ce format. Côté cinéma, Hunger Games est l’exemple le plus évident : les films avec Jennifer Lawrence, adaptés des livres de Suzanne Collins ont eu un immense succès au box-office, ancrant un peu plus ce terme dans la pop-culture. Mais les origines de ce nom dans le domaine culturel remontent à 1999, lorsque le journaliste Koushoun Takami publie la nouvelle dystopique Battle Royale.
Le synopsis : dans un Japon gouverné par un régime fasciste et totalitaire, des classes d’enfants sont forcées de s’affronter dans une arène jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un. Un an plus tard sort le film du même nom, réalisé par Kinji Fukasaku, avec Takeshi Kitano dans le rôle d’un professeur autoritaire et sanglant. D’une violence extrême, Battle Royale n’hésite pas à montrer des meurtres atroces tout en flirtant avec l’absurde, jusqu’à l’épouser dans sa séquence finale devenue culte. La mort du professeur (appelé Kitano comme son interprète) brise la tonalité de l’œuvre et fait basculer la perception du spectateur.