l’essentiel
Le magasin de décoration et de linge de maison Bouchara, situé sur la place du Vigan à Albi, va fermer définitivement ses portes lundi 11 mai à midi. Sa maison mère est en redressement judiciaire et l’établissement albigeois ne fait pas partie de la vingtaine de boutiques qui doivent être sauvées par un repreneur. Voici tout ce qu’il faut savoir.
« Je viens d’apprendre la nouvelle de la fermeture. Mais ça fait quand même quelque temps qu’on voit que les rayons se vident, qu’il y a moins de stock. » Dans les allées du magasin Bouchara d’Albi, samedi 9 mai, Annie, une cliente régulière, fait ses achats pour la dernière fois. « C’est dommage, leur linge de maison est de qualité, ça dure dans le temps. » Comme elle, de nombreux clients, en majorité des mères de famille, arpentent les rayons et font la queue à la caisse ce samedi après-midi. Une affiche a été posée le jour même sur la devanture de la boutique de décoration et de linge de maison, qui donne directement sur la place du Vigan : « fermeture définitive lundi 12 h 00 ».
Implanté depuis 2003 au cœur de l’hypercentre d’Albi sous l’enseigne Eurodif, le magasin devenu Bouchara en 2017 s’apprête donc à tirer le rideau. L’enseigne, qui exploite en France 52 boutiques et emploie 542 salariés, est en redressement judiciaire depuis le début de l’année. Sa direction a expliqué la mauvaise santé financière du groupe par « un environnement de marché durablement contraint », « une baisse des dépenses des ménages » et l’intensification de la concurrence, notamment de la part des « acteurs à bas prix et du e-commerce », sans citer nommément les géants asiatiques Shein et Temu.
Huit salariés sur le carreau
Lundi 11 mai, le tribunal des activités économiques de Paris doit se prononcer sur une seule offre de reprise partielle, la mieux-disante parmi onze propositions : la société de gestion d’actifs AA Investments, fondée par l’homme d’affaires franco-iranien Samir Goshayeshi, propose de reprendre 25 boutiques à travers la France. Celle d’Albi n’est malheureusement pas concernée, ni celle de Castres qui devrait également fermer ses portes après 23 ans d’existence.
Cette offre de reprise prévoit de sauver seulement 184 salariés sur 542. Un scandale pour l’intersyndicale de Bouchara, constituée de la CGT, la CFDT, FO et la CFE-CGC. « Les deux tiers restants — 358 personnes — se retrouvent sur le carreau, avec pour seul filet de sécurité un PSE au ras des pâquerettes, c’est-à-dire la version la plus minimale de ce qu’on peut offrir à des gens qu’on jette (…) Ce n’est pas une restructuration. C’est un naufrage programmé, et ce sont les salariés qui en paient seuls le prix. »
À Albi, les huit employés de Bouchara vont donc se retrouver au chômage, confirme à La Dépêche du Midi le responsable du magasin. « J’ai une grosse pensée pour eux, ils sont très gentils et dévoués », a réagi Catherine, propriétaire d’une chambre d’hôtes à Cordes-sur-Ciel et cliente fidèle de la boutique. « C’est triste aussi pour Albi et pour nous les clients. Ce magasin était très bien, très pratique. »
Quel avenir pour le site ?
L’enseigne albigeoise restera donc fermée à partir de lundi prochain à midi. Le stock restant — linge de maison, objets de décoration, tissus, mercerie, vêtements — devrait être envoyé vers les autres boutiques du groupe maintenues en activité par le nouveau repreneur.
Une question est déjà sur toutes les lèvres : qu’est-ce qui pourra bien remplacer Bouchara ? Le site bénéficie d’un emplacement exceptionnel sur la place du Vigan, avec 1 500 m2 de surface de vente, des bureaux et un parking à l’arrière du bâtiment qui compte près d’une centaine de places de stationnement, le tout en plein centre-ville.
De quoi intéresser certaines grandes enseignes comme Monoprix, qui s’est néanmoins déjà implanté à Albi il y a tout juste un an, sur les Lices Pompidou, à la place de l’ancien supermarché Casino.