Si le traditionnel rassemblement parisien du 9 mai, où se retrouvent depuis 30 ans une grande partie des organisations d’extrême droite, a été interdit par la préfecture cette année, la volonté de « ne pas rester muet face à la banalisation du fascisme » est restée intacte pour des centaines de Marseillais.

À l’appel de l’Assemblée antifasciste (montée pendant les municipales « pour s’opposer à la montée du RN » à Marseille), environ 300 personnes ont ainsi marché entre les Réformés et Castellane, ce samedi, pour « ne plus laisser de terrain aux racistes ».

« Inversion des valeurs »

Dans leurs prises de parole, les organisateurs et les représentants de divers groupes de gauche (La France insoumise, l’Union étudiante…) ont salué l’interdiction de « la marche des fascistes, des identitaires et des nationalistes » grâce à la « mobilisation de notre camp ». Avant d’appeler à « un réveil antiraciste de grande ampleur » à un an de l’élection présidentielle. « Leur rassemblement a été interdit, mais les fascistes sont toujours là. Dans un climat où ils se sentent désormais légitimes, explique Cerise au micro, pour l’Assemblée antifasciste. Aujourd’hui, nous nous refusons de laisser la rue aux fascistes. Et nous construisons les luttes prochaines contre l’extrême droite. »

Huit rassemblements des forces de gauche étaient organisés sur le même mot d’ordre ce samedi en France, mais le défilé prenait « une résonance particulière à Marseille, où le RN a recueilli 120 000 voix lors des élections municipales« . « Face à un RN présidentiable, la riposte électorale ne suffit plus, estime Sabrine, pour l’Union étudiante. Et il faut lutter sur nos lieux de travail, dans nos facs et dans la rue pour refuser que l’extrême droite fasse de Marseille son laboratoire. »

Face à « une inversion des valeurs, avec des antifascistes désormais pointés du doigt », la marche ce samedi est « un moyen de ne pas accepter la nouvelle impunité des racistes », décrit Wandy, 27 ans. « On vit un moment historique et des heures sombres peuvent arriver à grands pas, expliquent Fleur et Guillaume. Mais la France n’est pas un pays fasciste. Et face aux stratégies partisanes de certains médias qui pourraient nous conduire à un pessimisme par raison, nous devons opposer l’optimisme de la volonté et de la lutte. »