LA TRIBUNE DIMANCHE—Emmanuel Macron a prévenu son homologue iranien qu’il n’y aurait aucune levée des sanctions contre Téhéran tant que le détroit d’Ormuz resterait bloqué. Partagez-vous la position du chef de l’État ?
JEAN-LUC MÉLENCHON—Non. Elle est inadmissible, même quand on combat comme moi les régimes théocratiques. Car l’Iran est en état de légitime défense : il est agressé par deux pays, les États-Unis et Israël, agissant en dehors de tout mandat international. Ce n’est pas l’Iran qui bloque le détroit d’Ormuz mais la marine militaire des USA. Dans ces conditions, une telle menace du président français revient à légitimer le point de vue de Trump et de Netanyahou. 90 % des pays du monde le refusent.

Que feriez-vous en tant que président de la République ?
Je me battrais pour le retrait des États-Unis et d’Israël. Je proposerais de former un front du refus, notamment avec l’Espagne, et d’y rassembler les nations opposées à cette guerre. Dans cette affaire, chacun défend ses intérêts. Celui des Français, c’est le respect du droit international. Sinon, la loi du plus fort l’emporte. Or nous ne sommes pas les plus forts !

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Quitte à se tourner vers la Russie ou la Chine ?
Non, il faut agir avec précaution. En Europe, nous bataillons pour que les Russes se retirent d’Ukraine, on ne va donc pas les absoudre à un moment comme celui-ci. Quant à la Chine, on perdrait notre temps : elle n’interviendra pas. Il ne faut pas donner le sentiment qu’on remplace une hégémonie mondiale par une autre.