Sous le feu des critiques ces dernières semaines, les internationaux du Stade toulousain Antoine Dupont et Thibaud Flament ont apporté des réponses de champions au Vélodrome, tandis que Romain Ntamack a confirmé sa bonne passe en inscrivant 22 points, son record en carrière sur un match. Côté Toulonnais, en revanche, les Italiens Brex et Lucchesi ont incarné les difficultés des leurs, en touche comme en défense.

Les tops

Hormis une chandelle dévissée sur une sortie de camp à la 7e, et un en-avant lors d’une transmission pour Chocobares (25e) difficile de lui reprocher quoi que ce soit tant l’ouvreur toulousain a su se montrer précis et efficace. Dans son rôle de buteur d’abord, qui l’a vu signer un 100 % dans ses tirs au but, dont plusieurs transformations difficiles en coin. Dans son alternance ensuite, la qualité de ses renvois et son jeu d’occupation s’avérant précieux. Et dans la conduite du jeu enfin, avec un essai pour entamer le match, mais surtout des choix (très) souvent justes, dopés par une once de fantaisie comme cet astucieux coup de pied rasant pour Dupont (46e). Auteur de vingt-deux points, soit son meilleur total sur un match depuis le début de sa carrière ! Presque logiquement victime de crampes, il a été remplacé par Saito à la 70e.

Au stade Vélodrome, le Stade toulousain a dominé Toulon (51-27), pourtant dans le match à la pause. Une victoire construite notamment grâce à une charnière Dupont – Ntamack d’un excellent niveau. Toulouse a donc douze points d’avance en tête du championnat. pic.twitter.com/pUGSGQERm6

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) May 9, 2026

Tout n’a pas été parfait dans le jeu toulousain bien sûr, les belles intentions de jeu affichées se heurtant à un certain manque de domination dans les collisions, notamment devant. Reste que si les rouge et noir ont réussi à prendre la mesure « au train » sur la défense toulonnaise, ils le doivent évidemment en partie à leur demi de mêlée, qui a eu le mérite de donner beaucoup de volume au jeu des rouge et noir. Pas au pic de sa forme physique, sans doute, mais avec toujours suffisamment de vista pour ouvrir des espaces à ses avants au large ou pour mettre les siens devant au score juste avant la mi-temps, avant d’offrir à Chocobares l’essai du break au retour des vestiaires, après un grand pont à la poursuite d’un jeu au pied de Ntamack dont lui seul a le secret. Passé à l’ouverture en fin de match, il a assuré.

Pas franchement à son niveau ces dernières semaines, le deuxième ligne international a eu le mérite de faire taire certaines critiques. Avec le concours d’Alexandre Roumat, son omniprésence en touche a clairement permis de dérégler l’alignement varois, malgré la présence dans les rangs adverses d’Esteban Abadie. Ajoutez à cela plusieurs bonnes charges ballon en main (dont cette merveille d’offload pour Dupont à la 21e, ou un superbe relais à l’origine de l’essai du bonus offensif) et vous obtiendrez 80 minutes en forme de début de rédemption, de bon augure avant les phases finales.

Les flops

  • Gianmarco Lucchesi : 3/10

La touche n’est pas le seul fait du talonneur, mais l’Italien n’a pas vraiment su trouver le bon timing avec ses partenaires, notamment en première période. Ces possessions auraient été bien utiles aux Varois dans le but d’inverser le bras de fer. À la fin du premier acte, dans le côté fermé, il n’a pas été en mesure de résister au raffut cinglant d’Antoine Dupont. À son crédit, il a glané une pénalité sur un grattage inspiré.

  • Juan Ignacio Brex : 3/10

On n’a pas reconnu l’international italien, d’habitude si précieux pour son équipe. En attaque et en défense, il n’a jamais su trouver son rythme face à la paire internationale Chocobares – Barassi. À l’heure de jeu, il avait déjà manqué cinq plaquages.

Le jeune deuxième ligne a été vaillant, mais il a été en difficulté sur les renvois toulousains. À chaque fois, Toulon s’est retrouvé après avoir marqué des points. Il doit progresser, avec ses partenaires, sur cette phase de jeu importante.

Exceptionnel lors de ses premiers mois dans la Ville rose voilà deux ans et demi, l’arrière semble en perte de vitesse depuis quelque temps, comme si le redoutable rythme du Top 14 avait insidieusement fait son œuvre… Titularisé à la place d’un Thomas Ramos également dans le dur contre Clermont, l’international écossais n’est jamais parvenu à apporter le « plus » à sa ligne de trois-quarts, avec plusieurs pertes de balle à son débit dont celle qui offrit un contre de 80 mètres au duo d’ailiers varois Ferté-Dréan. Un nouveau match « moyen », qui prouve que remplacer Juan-Cruz Mallia dans le rôle de couteau suisse du Stade est tout sauf une sinécure, même pour un top joueur mondial.

Les notes de Toulon

15. Melvyn Jaminet : 7/10
14. Gael Dréan : 5,5/10
13. Juan Ignacio Brex : 3,5/10
12. Antoine Frisch : 5/10
11. Mathis Ferté : 5,5/10
10. Tomas Albornoz : 6/10
9. Baptiste Serin : 6/10
8. Zach Mercer : 6/10
7. Esteban Abadie : 5/10
6. Junior Kpoku : 6/10
5. Matthias Halagahu : 5/10
4. Corentin Mézou : 4/10
3. Beka Gigashvili : 4/10
2. Gianmarco Lucchesi : 3/10
1. Jean-Baptiste Gros : 5/10

Les notes de Toulouse

15. Blair Kinghorn : 4/10
14. Teddy Thomas : 5/10
13. Pierre-Louis Barassi : 5,5/10
12. Santiago Chocobares : 6/10
11. Mathis Lebel : 5,5/10
10. Romain Ntamack : 8/10
9. Antoine Dupont : 7/10
8. Alexandre Roumat : 6/10
7. Jack Willis : 6,5/10
6. François Cros : 6,5/10
5. Emmanuel Meafou : 5/10
4. Thibaud Flament : 7/10
3. Joel Merkler : 5,5/10
2. Peato Mauvaka : 6,5/10
1. Cyril Baille : 6/10