Par

Nicolas Gosselin

Publié le

10 mai 2026 à 6h14

« À 30 ans, ce n’est pas un objectif non plus de vivre chez ma grand-mère », lâche Alexis Renard. Sitôt après avoir raccroché au téléphone, le trentenaire déserte son domicile à Mérignac (Gironde), collé au Krakatoa, pour aller se réfugier chez son aïeule sur le bassin d’Arcachon. Le jeune homme ne supporte plus les nuisances occasionnées par les travaux de la salle de spectacle, démarrés depuis janvier 2025. Son quotidien est devenu infernal, comme il le témoigne auprès d’actu Bordeaux.

Alexis Renard a grandi dans cette maison de 120 m2, qui appartenait à son autre grand-mère et que ses parents ont récupérée en 2006. Durant des années, la proximité du Krakatoa n’était pas un problème. « C’était comme une salle des fêtes, avec des lotos ou des bals le dimanche. Il y avait aussi des concerts mais ce n’était jamais abusé », rembobine le voisin.

« C’est invivable »

Depuis plus de 15 mois, ce n’est plus la même musique. La salle de spectacle n’accueille plus de public mais le chantier fait plus de bruit que jamais et fait vibrer les murs de la maison.

« C’est invivable, abonde Alexis Renard. Le lustre de ma chambre tremble. On entend les machines de chantier dès 6h30 du matin, alors qu’ils ne sont pas censés commencer avant 7 heures. J’étais en restauration, j’ai dû arrêter mon travail. Je manquais de sommeil et j’étais angoissé. J’ai voulu continuer quelques mois mais je n’y arrivais plus devant les clients. J’étais irrité, je pétais un câble. »

En terminant ses services après minuit, le Mérignacais de 30 ans ne rejoignait pas les bras de Morphée avant 2 heures du matin. Quatre heures plus tard, il était réveillé par le bip-bip des camions et autres engins de chantier.

Sa mère fait une dépression

Sa sœur, elle, a quitté le domicile familial pour pouvoir préparer sa soutenance d’école plus sereinement. Avec sa mère, ils envisagent de faire de même le plus rapidement possible. « Ma mère fait une dépression. Elle a perdu le sommeil et l’appétit, elle prend des anxiolytiques. Dans l’absolu, elle se serait bien vue rester encore quelques années ici mais là, ce n’est plus possible, tranche Alexis Renard. Ils m’ont dégoûté de cet endroit. »

Ils avaient mis en vente la maison mais malgré plusieurs visiteurs, les acheteurs potentiels ont sûrement été échaudés par les travaux et la proximité de la salle de spectacle. Pour rappel, le chantier prévoit d’agrandir la salle principale de 1 200 à 1 500 places, de créer une seconde salle pouvant accueillir 250 personnes ou encore d’ajouter un espace d’expression et de création à destination des projets de médiation, d’accompagnement ou encore de production audiovisuelle. La fin des travaux est attendue pour la rentrée 2026.

Pour permettre cette extension, un bâtiment qui servait d'annexe de la mairie et relais de La Poste a été détruit. Il faisait tampon jusqu'alors entre le domicile d'Alexis Renard et le Krakatoa.
Pour permettre cette extension, un bâtiment qui servait d’annexe de la mairie et relais de La Poste a été détruit. Il faisait tampon jusqu’alors entre le domicile d’Alexis Renard et le Krakatoa. (©Document transmis à actu Bordeaux)

Alexis Renard évoque des nuisances sonores parfois en soirée ou le week-end, des passages incessants de camion dont certains n’hésitent pas à se garer devant son portail, une infection de rats après la démolition du bâti ou encore des mégots retrouvés dans son jardin et même dans une piscine gonflable…

Demande d’indemnisation sans suite

« On ne se sent plus chez soi. Personne ne respecte les horaires de chantier. J’ai demandé à la mairie une indemnisation ou une solution temporaire de relogement, le temps des travaux, mais je n’ai pas eu de retour encore », déplore Alexis Renard, qui a été reçu en mairie dernièrement.

Contactée par actu Bordeaux, la mairie de Mérignac explique qu’un relogement n’est pas envisageable. En revanche, concernant l’indemnisation, les services ne ferment pas la porte mais attendent de voir ce qui est possible précisément dans le cadre juridique.

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