À l’écran dans la série « Un prophète », diffusée actuellement sur Canal+, il évolue dans un monde de violence et dans un rôle de dur qui contrastent avec son caractère. Daniel Saïd respire la force tranquille, la sérénité et la bienveillance qui, assure-t-il, lui viennent de son enfance à Nantes, à Bellevue, où il est né il y a tout juste un demi-siècle et surtout de l’éducation qu’il a reçue de ses parents comoriens, chauffeur de bus et femme de ménage, au sein d’une famille épanouissante ».
Artiste dans l’âme, imaginatif », sa vocation précoce allait au cinéma, mais il s’oriente vers le rap, au sein du groupe BCA, dans lequel il chante avec son frère Ahamada et son cousin Mohamed Ali. Il crée ensuite, avec des amis, d’autres petits groupes »,dont Double détente, et devient animateur au centre socioculturel de la Durantière. Une expérience enrichissante qui développe son talent, grâce, notamment, au contact de Karim Amour, en mélangeant la musique urbaine et celles venues d’ailleurs.
Il invite les jeunes à croire en leurs chances
Daniel Saïd connaît un premier succès avec sa création « Versatil ». Je me servais de mon vécu de jeune de quartier pour écrire mes textes sans risque d’être censuré, analyse-t-il.
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Sa vie change lors de sa rencontre avec Adam Pianka. Devenu marseillais, il participe à l’écriture de son film documentaire « Aouine », sur les quartiers nord de Marseille. Ensemble, ils écrivent le roman graphique « Pour maman, mémoire d’un dégun ». Suivront des rôles importants dans les séries « Shéhérazade », « Pax masilia » et surtout dans « Un prophète ».
Daniel Saïd rend régulièrement visite à sa famille à Bellevue et retrouve à chaque fois ses amis d’enfance. Il invite les jeunes à croire en leurs chances : On peut venir d’un quartier et réussir au cinéma. Il cite aussi l’exemple d’Ahmed Sylla, natif du quartier voisin des Dervallières.