« Pour moi, la Picardie, c’était une région de tocards ! » plaisante Amélie, une quinquagénaire parisienne. Il y a deux ans, son compagnon, qui connaissait le coin, la convainc d’acheter pour 280 000 euros une maison de 120 m² près de Saint-Jean-aux-Bois (Oise). « Ça n’est finalement pas le rural que j’imaginais, reconnaît-elle. C’est vallonné, on est entouré de grandes forêts. Certes, je suis obligée de prendre la voiture si je veux boire un café, mais Compiègne n’est qu’à 7 kilomètres et c’est une ville en devenir. L’été dernier, j’ai passé trois semaines de vacances dans la maison et je me suis régalée. »

Entre-temps, deux autres familles parisiennes l’ont imitée et ont investi dans son hameau. « Les Franciliens se sont rendu compte que le dimanche soir, l’A1 est moins chargée que l’autoroute de Normandie », remarque Alix Roland, directrice de l’agence Marc Foujols, à Senlis, qui estime que l’engouement date de la période du Covid. Conquises par l’accès rapide à des week-ends en pleine nature et le télétravail au vert, les familles de cadres parisiens ont été charmées par le cadre de vie, les loisirs et le patrimoine historique.

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Nombreux aussi sont les amateurs de sports équestres ! Ainsi à Chantilly, ville auréolée de son château, de son hippodrome et de sa forêt domaniale (une heure de voiture depuis Paris et trente minutes de train depuis la gare du Nord), le prix moyen des maisons a gagné presque 10 % en dix ans, pour avoisiner 4 300 euros le m². « Nous ne sommes plus sur les prix fous de l’après-Covid, mais l’Oise et le Vexin sont des marchés de report solides et attractifs pour qui veut déconnecter, confirme Sandrine Connell, consultante à Barnes Propriétés & Châteaux. Ici, les biens de qualité, surtout s’ils ne nécessitent pas de gros travaux, trouvent toujours preneurs. » Il ne lui a fallu qu’une semaine et une visite avec une offre à 1 million d’euros pour vendre un manoir de 432 m² et 1,3 hectare de terrain, sur la commune de Trie-Château, à une famille cherchant un bien clés en main.

Les coins les plus prisés ? Tous les villages situés entre Senlis et Chantilly, où l’agence Marc Foujols a récemment vendu une maison de 250 m², avec 5 chambres, une piscine et 3 000 m² de terrain, cédée en quinze jours pour près d’1,1 million.

Tout près, mais plus clivant, le Domaine du Lys, à Lamorlaye, et son architecture éclectique, a aussi ses fans. « Les prix peuvent grimper jusqu’à 2 millions d’euros pour ce qui ressemble à de vrais petits châteaux, note Christine Grenet, responsable de l’agence Nestenn, à Lamorlaye. Mais j’y propose également des maisons avec du terrain à 450 000 euros. Avoir une parcelle boisée, un domaine privé, à proximité de Paris, c’est rare. Et ça reste moitié moins cher que le secteur du mont Valérien ! »

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Pour trouver des tarifs plus raisonnables, il faut s’éloigner, faire jusqu’à une heure quarante-cinq minutes de route et remonter vers Gerberoy ou Pierrefonds. Là, les prix restent inférieurs à 2 000 euros le m². « Je viens de prendre un mandat pour un manoir de 1 000 m² et 2 hectares de terrain à Vieux-Moulin. A part quelques travaux de déco, il est parfaitement habitable. A 950 000 euros, je sais déjà qu’il sera vendu avant la fin de l’été », pronostique Sandrine Connell.