Le prestigieux concours Lépine, organisé depuis 1901, réunit, jusqu’au 11 mai 2026, 205 inventeurs à la Foire de Paris. Et ils sont nombreux ces “Géo Trouvetou” d’Occitanie en quête d’une médaille. Mais comment bien gérer le succès ? Catherine Pommier-Duffour est la directrice déléguée développement économique et innovation de Montpellier Méditerranée Métropole et Florent Desserre, responsable d’unité accompagnement des entreprises au sein de l’incubateur du BIC de Montpellier. Ces deux experts démontrent que derrière une bonne idée, il y a tout un travail pour fonder une entreprise qui marche.
Avoir une bonne idée, est-ce la garantie du succès d’une entreprise ?
Évidemment non. On peut avoir la meilleure des idées, mais si ça ne rencontre pas son marché, si ça ne fonctionne pas, ça n’ira pas plus loin. La première étape est de vérifier que le concept qu’on imagine, qui fonctionne à petite échelle, peut passer à plus grande échelle et à des coûts acceptables. Des contraintes techniques peuvent empêcher la réplicabilité. Il faut aussi étudier la faisabilité commerciale, trouver le modèle économique, vérifier le marché potentiel et les éventuels concurrents. Enfin, il faut calibrer les besoins pour aller chercher les financements qui permettent de développer chaque étape en attendant que l’idée soit rentable.
Combien de temps faut-il compter pour parvenir à une entreprise stable ?
Entre trois et cinq ans… mais plutôt cinq ans. C’est le bon timing pour avoir dérisqué pas mal de choses et stabilisé financièrement l’entreprise sur son marché. Cela dépend aussi du degré de rupture. Plus c’est innovant, plus il y a de verrous à lever, plus cela demande de l’argent aussi.
Un taux de survie à 5 ans de 85 % avec un accompagnement.
Cela peut être une jungle. Il vaut mieux être accompagné ?
Les entreprises passées par notre incubateur, le Bic de Montpellier, ont un taux de survie à 5 ans de 85 %, alors que la moyenne nationale est de 60 %. Cela montre l’importance d’un accompagnement individuel, avec un interlocuteur dédié qui dérisque toutes les phases et amène un œil extérieur, donc des conseils précieux, à chaque étape du développement du projet. C’est aussi un accès à un programme de formations, une solution d’hébergement dans nos locaux et l’accès à un réseau de start-up ou de financeurs. On forme ainsi des personnes qui, normalement ne sont pas entrepreneurs, à l’entrepreneuriat ; on les aide à gérer une entreprise, à la construire et à la développer.
Combien de candidatures arrivent au Bic ?
Le Bic de Montpellier a 39 ans, il est l’un des premiers incubateurs dédiés aux entreprises innovantes d’Europe. Nous recevons donc chaque année quelque 180 dossiers de candidature et nous en sélectionnons 40, pour rester à 120 entreprises accompagnées. Nous avons trois critères principaux : le degré d’innovation ; la complémentarité de l’équipe ; la taille du marché potentiel.
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À l’heure de l’IA, les projets qui vous sont présentés sont-ils surtout numériques ?
L’intelligence artificielle est en effet devenue le levier de beaucoup de nouveaux projets ; en tout cas, le numérique est forcément très présent à un moment ou un autre. Et à Montpellier, au regard de notre écosystème économique et universitaire, nous recevons beaucoup de candidatures dans la santé ou l’environnement.
