Saviez-vous qu’un artiste de rue, dans le centre-ville de Rennes (Ille-et-Vilaine), ne pouvait réaliser une prestation qu’entre 10 h et 19 h et ce, sans pas rester plus d’une heure au même endroit ? Si la réglementation – méconnue – existe depuis de nombreuses années, elle a évolué, lundi 4 mai 2026.
Chanteurs, musiciens, baladins, artistes itinérants…
Dans un nouvel arrêté pris par la Ville, il est stipulé que toutes prestations artistiques de rue, incluant notamment les chanteurs, musiciens, baladins, artistes itinérants ou assimilés, ne peuvent être réalisées que dans un périmètre bien défini. Jusqu’ici, pas de surprise, il s’agit du centre-ville.
Mais ce qui est moins connu, c’est que tout artiste ne peut effectuer une nouvelle prestation à une distance inférieure à 200 mètres du lieu où la prestation a été réalisée. Soit le double de l’ancienne. Et il vaut mieux disposer d’un répertoire varié, puisqu’une mention est même ajoutée, interdisant plus d’une même prestation au cours d’une même journée sur un même emplacement.
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« Signalements d’habitants ou de commerçants »
Plus sérieusement, chacun comprendra bien qu’un « baladin » chantant, accompagné d’instruments et campant sous ses fenêtres, peut finir par importuner. La Ville justifie d’ailleurs ces nouvelles règles en rapportant, ces derniers mois, plusieurs signalements d’habitants ou de commerçants ». Ces derniers « ont pointé le fait que la récurrence de prestations de rue, musicales et sonores en particulier, aux mêmes endroits et aux mêmes moments de la journée, sur des périodes parfois étendues, finissaient par nuire à la tranquillité des riverains.
Croisé au marché Saint-Germain, mercredi matin devant son public, Rodrigue Pailhès, artiste de rue depuis plus de trente ans à Rennes, n’en prend pas ombrage. C’est une bonne réglementation, qui pose une base. Avec elle, je me sens protégé. Même s’il concède quelques accrochages, parfois, avec des riverains, il explique que dialoguer suffit généralement à apaiser les tensions. Et avec la police ? Ça s’est toujours très bien passé.
Un arrêté, c’est une chose, mais sera-t-il respecté ? La Ville répond que les agents de la brigade anti-incivilités et de la police municipale sont chargés de la bonne application de ces règles communes mais assure qu’ils privilégieront le dialogue et la médiation ».