Par

Manon Reinhardt

Publié le

10 mai 2026 à 9h36

Ce quartier chic est-il en passe de se « ghettoïser » ? C’est en tout cas les craintes de Nathalie Dupont, présidente du comité Carabacel-Cimiez à Nice (Alpes-Maritimes). Récemment, une voie privée jusqu’ici massivement fréquentée par les habitants pour se rendre plus rapidement à Valrose a été fermée à cause de l’insécurité montante. Une décision qui s’ajoute à la fermeture d’une des portes de la faculté depuis plusieurs années, qui constituait également un raccourci hautement stratégique.

Ainsi, les trajets pour les étudiants, professeurs et parents d’élèves sont rallongés de 30 minutes. Une situation que dénonce une pétition signée plus de 800 fois. Elle demande à la nouvelle mairie de trouver des solutions.

Squatteurs, cambriolages, et dégradations

Des conséquences concrètes sur le quotidien. Depuis quelques semaines, la résidence privée Barthes de l’avenue Du puits dans le quartier de Cimiez a décidé de fermer la voie au public. En cause, la montée de l’insécurité. « Ils avaient des squatteurs, ont été victimes de cambriolages, de dégradations diverses. Des gens s’installaient de manière illégale dans les propriétés. Au fil du temps, les problèmes se sont accumulés », résume Nathalie Dupont, présidente du comité Carabacel-Cimiez.

Mais cette avenue constituait un raccourci hautement stratégique pour rejoindre le nord de la Ville en quelques minutes seulement. Alors, lorsque certains riverains découvrent la fermeture prochaine, c’est la douche froide. D’autant qu’un autre raccourci situé dans la faculté de Valrose est également barré, et ce depuis très longtemps.

La fameuse entrée située à l'arrière de la faculté Valrose, donnant sur Cimiez.
La fameuse entrée située à l’arrière de la faculté Valrose, donnant sur Cimiez. (©Manon Reinhardt / actu Nice)

« La porte a été fermée du jour au lendemain, se souvient la présidente. Des arguments de sécurité, de nuisances au voisinage avaient été invoqués à l’époque », se souvient cette représentante. Depuis, un cadenas a été placé sur les grilles.

« Un besoin fondamental »

Trop c’est trop, étudiants, professeurs et parents d’élèves se sont ainsi mobilisés et ont lancé une pétition. Elle a déjà été signée plus de 800 fois. Elle évoque « des détours considérables » et craint un potentiel « enclavement » du secteur dû à une « résidentialisation ».

Ce que nous demandons est simple : laisser libre d’accès a la circulation piétonne l’avenue du Puits et le chemin St Vincent de 7h à 21h pour maintenir l’accessibilité dont dépend notre quartier. Être capable de se rendre à pied aux commodités locales est un besoin fondamental, surtout dans une période où la réduction de notre empreinte écologique et la promotion de la santé via l’exercice physique sont cruciales.

Pétition

Dans les commentaires, les signataires se lâchent : « Pourquoi empêcher ce passage indispensable ? Pour les petits élèves qui n’auront plus accès facilement à leur école c’est de la folie », écrit Loïs. Quand d’autres ne cachent pas leur indignation : « Je trouve incroyable qu’il soit possible de fermer des accès piétons aussi quotidiennement importants pour les personnes vulnérables ».

Un affichage a été installé sur le portail de la résidence pour informer le public de sa fermeture.
Un affichage a été installé sur le portail de la résidence pour informer le public de sa fermeture. (©Manon Reinhardt / actu Nice)

De son côté, Nathalie Dupont dit « comprendre » la décision de la copropriété. « Nous avons relayé la pétition pour demander la réhabilitation du chemin des Moines », un autre axe difficilement empruntable, du fait notamment de l’absence d’éclairage public, ce qui peut s’avérer dangereux. « Pourquoi pas ne l’ouvrir qu’en journée ? », soumet-elle.

Des habitations sans accès aux commerces ?

En attendant, les temps de trajet pour les piétons sont rallongés. Quand il fallait 7 minutes pour rejoindre l’école Jean-Marie Hyvert ou l’université, il en faut désormais une trentaine. Une situation qui ne peut pas durer, martèle la présidente du comité de quartier. « Il faut que la nouvelle mandature se saisisse du problème » car « tous les accès ferment les uns après les autres ».

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Selon elle, Cimiez pourrait bien se « ghettoïser ». Concrètement ? « Des personnes âgées qui ne reçoivent plus personne, enfermées à leur domicile sans aucun accès aux commerces ». Et le phénomène ne semble pas près de s’arrêter. « Sur le bas Cimiez, on a une grande partie de voies qui se privatisent alors qu’elles constituaient des passages publics », s’inquiète la représentante du secteur.

Eric Ciotti, maire de Nice depuis un peu plus d’un mois, va-t-il s’emparer du dossier ? Sollicités à ce sujet, les services de la mairie n’ont pas encore répondu à notre sollicitation.

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