Dans un entretien accordé au Parisien, et publié dimanche 10 avril, le nouveau maire de Nice, Éric Ciotti, assume mener une politique d’économies. Il tacle, sans le nommer, son prédécesseur Christian Estrosi.
Le 22 mars dernier, les Niçois ont élu leur nouveau maire : Éric Ciotti. À la tête de la ville durant deux mandats, Christian Estrosi s’est incliné, après une guerre fratricide opposant les deux hommes politiques. Proche du Rassemblement national, depuis les élections législatives anticipées de 2024, Éric Ciotti a appelé à une large « union des droites » en vue de l’élection présidentielle de 2027.
Alors que cet appel est resté sans réponse de la part des Républicains, le maire de Nice assume pleinement son soutien au Rassemblement national, que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella qui le représente. « Ce sont les seuls à droite qui peuvent gagner cette élection et engager un vrai redressement du pays », déclare-t-il au Parisien, dans un entretien publié dimanche 10 mai.
« Il faut diminuer les dépenses inutiles »
Interrogé sur la gestion des finances de la ville, et notamment le plan d’économies de 60 millions d’euros incluant par exemple la suppression de certaines subventions sportives, Éric Ciotti avance surtout avoir diminué les impôts. « À Nice, j’ai surtout engagé une baisse massive des impôts de plus de 50 millions d’euros. Cela doit être désormais une priorité nationale, alors que nous sommes le pays le plus imposé au monde », a-t-il estimé.
En conséquence, « il faut diminuer les dépenses inutiles. C’est une gestion de responsabilité », assure-t-il. Et d’ajouter : « Quand on est élu, on doit manier l’argent public avec une extrême prudence. Chaque euro dépensé doit être utile pour l’intérêt général, pour la croissance, pour l’emploi. »
« La gabegie à tous les étages, c’est terminé »
Comme un tacle à son prédécesseur, dont le bilan est évoqué sans jamais le nommer directement, Éric Ciotti prévient : « à Nice, la fête est finie ». Et de détailler : « les véhicules de fonction, les indemnités injustifiées, les frais de restaurants exorbitants, les bureaux luxueux à Paris, les pharaoniques dépenses de communication, la gabegie à tous les étages, c’est terminé. »
Alors qu’Éric Ciotti a annoncé la mise en vente de 25 véhicules de fonction attribués aux élus, y compris les trois réservés à l’ancien maire, Christian Estrosi, ce dernier est visé par une enquête préliminaire pour « recel de détournements de fonds publics », rapporte France 3 Provence-Alpes-Côte-d’Azur, confirmant des révélations du Figaro. Christian Estrosi et son épouse, Laura Tenoudji, sont en effet soupçonnés d’avoir mobilisé les chauffeurs salariés de la municipalité pour effectuer des déplacements personnels hors du cadre réglementaire.
publié le 10 mai à 09h50, Enora Foricher, 6Médias
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