Jean est assis sur un banc, boulevard du Mont-Boron. Il vient de parcourir la volée de marches du chemin Sorgentino, qui part de l’église Notre-Dame-du-Bon-Conseil. « Rien de bien violent mais ça m’entretient et j’aime bien faire un tour dans la Cité Fighiera. C’est calme, les maisons sont belles et le jasmin sent encore très bon », sourit-il. Pour peu qu’on fasse l’effort de les grimper, les escaliers niçois permettent aux citadins de s’évader rapidement, de respirer ce qu’il reste de nature en ville et de prendre un peu de hauteur, ce qui ne gâche rien à la vue.

« Franchement, c’est quand même un luxe incroyable de vivre au milieu de toutes les commodités et de pouvoir profiter d’un parc comme celui du Vinaigrier sans prendre la voiture », s’enthousiasme Annie, qui vit à Saint-Roch.

L’escalier Giacobi relie Saint-Roch au parc du Vinaigrier.

Se balader sans s’éloigner

Surtout quand on a connu des périodes de privation de liberté, comme pendant la crise sanitaire. « Même si la ville était calme à ce moment-là, c’était quand même plus agréable de se balader autour du monastère de Cimiez que de faire des allers-retours sur le boulevard Pasteur. Grâce aux escaliers, la balade n’était que plus agréable et le moral en bénéficie », résume Nathalie.

« Je n’y ai jamais trop fait attention avant mon congé maternité mais ces raccourcis m’ont sauvé parce qu’ils m’ont permis de me balader avec un nourrisson, de faire un peu d’effort physique, sans partir trop loin de chez moi. Heureusement que mon bébé ne dormait pas dans la poussette », s’amuse Lucie. Elle vit en bas de Cimiez et, en quelques mois, elle a parcouru toute la colline et le quartier Caravadossi.

Le vallon, à gauche des escaliers, a été intégralement conforté, les réseaux ont été recalibrés et un bassin de rétention créé pour éviter de nouveaux éboulements.

Peu balisés

Raccourcis, prétextes pour se balader… les escaliers niçois revêtent plusieurs fonctions. Mais, finalement, ils ne sont pas tant fréquentés. « Tant mieux, non ? On laisse le bord de mer aux touristes », sourit Marine, boulevard Cessole, qui s’apprête à monter vers Pessicart à la force de ses cuisses. Selon Jean, ils gagneraient quand même à être connus. Son regret ? Qu’ils ne soient pas balisés. « On perd parfois du temps à chercher la jonction. Ils pourraient même être indiqués depuis le centre-ville, comme des chemins de randonnée. Voire cartographiés », propose-t-il.