Après son élection à la mairie de Strasbourg le 22 mars dernier, quel premier bilan tirer du début de mandat de Catherine Trautmann ? Retour sur les 50 premiers jours de la nouvelle maire de Strasbourg.
On la quittait sur la scène du théâtre du Quai de Scène, victorieuse, le 22 mars dernier. Depuis, la nouvelle maire de Strasbourg a pris ses quartiers au centre administratif.
Cinquante jours plus tard, quelles premières mesures ont été adoptées ? Que sont devenues les mesures phare de la campagne ? On fait le point.
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La réduction des indemnités
La première mesure phare de son mandat aura été de revoir à la baisse de 10% son indemnité de maire. Une mesure plus symbolique que drastique. La nouvelle édile, également devenu présidente de l’EMS entre temps, ne souhaitait pas dépasser la rémunération totale perçue par Jeanne Barseghian (maire de Strasbourg et vice-présidente de l’EMS).
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Le reste des adjoint(e)s ont quant à eux/elles, conservé les mêmes indemnités que celles en vigueur durant le mandat précédent.
La gratuité des activités extra-scolaires pour les enfants à la rue
C’était l’une des premières mesures concrète annoncée lors du premier conseil municipal de la Ville de Strasbourg, le 20 avril dernier. Lors d’une prise de parole, Catherine Trautmann rassurait ses pairs sur le volet social de sa politique. La gratuité des activités extrascolaires pour les enfants à la rue devenait alors effective durant les dernières vacances scolaires.
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Une mesure vouée à se pérenniser durant les prochaines périodes de congés scolaires dans la ville ? C’est en tout cas la mission que se fixe Céline Geissmann, adjointe en charge de la ville éducative.
Adoption à l’unanimité d’une motion portée par les Insoumis
Aurait-on assisté, le 20 avril dernier, à la collaboration entre pouvoir et opposition qui rythmera les sessions des conseils municipaux pour les six (ou sept) prochaines années ? Pour la première motion portée par l’opposition, le groupe Insoumis ce jour-là, Catherine Trautmann et les élu(e)s socialistes ont voté le texte à l’unanimité. Seul le groupe de Jean-Philippe Vetter (LR) s’est abstenu.
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Par cette motion, la Ville de Strasbourg s’engage à garantir de façon pérenne le droit au logement en luttant contre les logements vacants, avec notamment, un inventaire complet du patrimoine municipal.
La suppression du festival des possibles
Une fois le conseil municipal passé, la majorité s’est fait plus discrète et les actualités en provenance de la mairie de Strasbourg ont été plus maigres. Durant ces dernières semaines, la municipalité s’est malgré tout faite remarquer, en annulant le Festival des Possibles, quelques semaines avant sa tenue le 7 juin prochain.
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Une premier retour en arrière, vis-a-vis de la mandature écoulée, durant laquelle ce festival avait vu le jour. Ce rendez-vous, dédié à la valorisation des projets de démocratie locale, n’aura eu le droit qu’à trois éditions avant de disparaître. Une déception pour les associations partenaires, qui travaillaient sur l’évènement depuis plusieurs mois.
Une concertation citoyenne autour du square Ilse-Totske… qui ne fait pas l’unanimité
Dans sa stratégie de revenir au contact des Strasbourgeois(es), la nouvelle municipalité s’est aussi lancée dans les consultations citoyennes. Lors d’une concertation organisée par l’adjoint Paul Meyer, en charge du quartier des halles à Strasbourg, plusieurs riverains ont fait remonter des doléances pour le futur de leur quartier.
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De cette consultation, une première mesure est née. Le square Ilse-Totske sera désormais inaccessible entre 22 h et 7 h du matin, vraisemblablement pour lutter contre des nuisances. Des jeux pour enfants, comme le xylophone et le tam-tam seront déplacés dans d’autres parcs qui ne seront, eux, « pas en prise directe avec des habitations ».
Une décision qui ne fait pas l’unanimité auprès des habitant(e)s. En effet, certain(e)s estiment que « ces demandes, portées seulement par quelques riverains, ne peuvent pas dicter l’avenir de cet espace » et que « le rire des enfants n’est pas une nuisance : c’est le signe d’une ville habitée et accueillante ». Par conséquent, une pétition a été lancée pour « maintenir l’intégralité des jeux pour enfants aux Halles ».
Quid des mesures phares du programme ?
Concernant les grandes promesses de l’édile socialiste lors de la campagne municipale, les Strasbourgeois(es) manquent encore de visibilité. Quelles évolutions seront apportées à la politique de stationnement, pour une maire qui voulait en finir avec « les sulfateuses à PV » ? Des premières réponses devraient être apportées dès le mois de juin, selon les DNA. Le mystère entourant la mise en place de la gratuité des transports pour les plus de 65 ans est lui, plus épais.
© Nicolas Kaspar / Pokaa
Autre promesse de la campagne, le « rallumage » des rues de la ville. Après l’évolution de la politique d’éclairage sur la fin du mandat de Jeanne Barseghian, Catherine Trautmann a souhaité revenir à un éclairage total des rues de Strasbourg. La page de la Ville de Strasbourg dédiée au sujet est d’ailleurs en cours de « mise à jour ».
Enfin, concernant l’audit des finances de la municipalité sur l’année 2025, il se fait toujours attendre. Le 26 mai prochain, le deuxième conseil municipal de l’ère Trautmann II devrait apporter son lot de nouvelles mesures.