Le trois-quarts centre du Stade français Tani Vili a encore une fois été un des meilleurs joueurs parisiens contre Lyon, inscrivant notamment un essai qui ne doit rien à personne. Pourtant, il ne semble pas vraiment reconnu à sa juste valeur du moment…

Dans le rugby français, il y a les hiérarchies internationales, plus communément appelées le « ranking » dans la sémantique du sélectionneur Fabien Galthié. Et puis il y a celles que le Top 14 s’obstine à contredire chaque week-end. Au Stade français, la saison actuelle offre un délicieux cas d’école : Tani Vili est assurément le meilleur numéro 12 parisien depuis des mois, mais c’est Noah Néné qui a goûté aux joies d’une première sélection avec le XV de France lors du dernier Tournoi des 6 Nations. Une situation assez cocasse pour arracher quelques haussements de sourcils jusque dans les bureaux du staff parisien. Noah Néné est un joueur prometteur, personne ne le conteste. Et l’affaire n’a rien d’un scandale, encore moins d’une injustice criante, mais ce genre de petit décalage amuse toujours dans les couloirs d’un club. Samedi, contre Lyon, c’est encore Vili qui a débuté la rencontre au poste de premier centre. Comme très souvent, il a livré une prestation de patron.

Un passage en… troisième ligne

De l’impact pour maintenir l’équipe dans l’avancée, de la disponibilité, un essai qui ne doit rien à personne, une défense agressive et tout ça sans forcément attirer les projecteurs. Le genre de joueur dont les entraîneurs parlent souvent davantage que les affiches promotionnelles. En clair ? Vili a rappelé pourquoi il est l’un des hommes de base du système parisien. Et comme si cela ne suffisait pas, il a terminé la rencontre… en troisième ligne. Oui, en troisième ligne. Non pas pour dépanner. Simplement pour développer sa polyvalence. Un choix assumé de Paul Gustard. Une image finalement assez moderne du rugby actuel, où les frontières entre les postes deviennent parfois aussi floues que les critères d’une sélection internationale. Dans les tribunes parisiennes, certains y voyaient déjà un clin d’œil involontaire (ou non) à Fabien Galthié, sélectionneur notoirement sensible aux profils capables d’occuper plusieurs vies dans un même match.