Dans la plupart des foyers, un même assaisonnement trône sur la
table, du petit-déjeuner au dîner. Longtemps considéré comme
anodin, il est aujourd’hui dans le viseur d’équipes de recherche
qui le relient à un vieillissement prématuré du cerveau. Certaines
études montrent qu’en trop grande quantité, il peut aggraver les
troubles de la mémoire et de la concentration. De quoi s’interroger
sur ce geste si répété.
Sel : pourquoi 90 % de la population en consomme trop
L’épice en cause est le sel, présent sur la table de 9 personnes
sur 10 et au cœur d’une étude publiée dans la revue Nature
Neuroscience. Les chercheurs y observent que des apports
élevés en sodium perturbent la circulation sanguine cérébrale et
déclenchent des inflammations au niveau du cerveau. Un article du
site PsyBlog, signé par le psychologue Jeremy Dean, rappelle que
près de 90 % des gens en utilisent en excès, ce qui enflammerait
les vaisseaux cérébraux et serait lié à la démence.
Avec le temps, ce trop-plein de sodium se traduit par un
affaiblissement des fonctions cognitives : mémoire moins fiable,
attention qui flanche, information traitée plus lentement. Les
données disponibles montrent aussi une association entre
alimentation trop salée et risque accru de démence, surtout chez
les personnes âgées. Ce signal d’alerte est d’autant plus
préoccupant que la majorité des adultes dépassent largement les
apports quotidiens conseillés en sel, souvent sans le savoir.
Ce que l’excès de sel fait aux neurones
au fil des années
Les travaux rapportés par Psychologies montrent, chez l’animal,
que de fortes doses de sodium dérèglent les microglies, ces
cellules immunitaires qui maintiennent l’équilibre du cerveau.
Devenues hyperactives, elles installent une inflammation chronique
et favorisent l’accumulation de protéines anormales, typiques des
maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Cet état
inflammatoire, associé à l’atteinte des vaisseaux cérébraux, forme
un terrain propice à un déclin cognitif plus
rapide.
Dans le quotidien, l’excès vient rarement de la seule pincée
ajoutée à table : le sel se cache surtout dans les aliments
ultra-transformés, les sauces, les charcuteries et de nombreux
produits industriels. Additionnées, ces sources font vite dépasser
les seuils recommandés. Pour reprendre la main, les spécialistes
conseillent de privilégier les produits frais, de cuisiner maison
autant que possible et de goûter avant de resaler. Un changement
discret qui peut compter pour la santé cérébrale à long terme.
Sources