Les liens entre l’Algérie et le bassin de Longwy sont forts. Et il y a notamment un personnage historique internationalement connu qui les symbolise : le poète, chanteur et musicien Slimane Azem. Né en Kabylie en 1918, ce dernier, avant de devenir célèbre, s’est installé en 1937 à Longwy où il devint ouvrier dans les aciéries. L’association Tala de Mont-Saint-Martin, dont l’objectif principal est le partage de la culture berbère, ravive dès qu’elle le peut sa mémoire.
À l’approche de la date anniversaire de la naissance de l’artiste, le 19 septembre, ses membres déposent ainsi depuis trois ans une gerbe de fleurs au niveau de l’allée Slimane-Azem, à Longwy-Bas, au niveau du parc des Récollets. Dans leurs locaux de la rue de Verdun à Mont-Saint-Martin, la maison Taos-Amrouche, ils exposent également des vinyles, des photos ou encore des textes. Et à chaque occasion qui se présente, ils en rappellent le parcours et les œuvres. « Slimane Azem est venu ici pour rejoindre son frère Ouali, qui tenait un café. Il est resté environ deux ans avant d’être mobilisé puis réformé et de s’installer sur Paris, où il a percé ensuite dans la musique. Mais il n’a jamais oublié Longwy et il y revenait régulièrement, pour retrouver sa famille », explique Kader Agguini.
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« Faire entrer la gaieté dans les cœurs »
L’animateur de Tala détaille le quotidien de l’ancien Longovicien. « Il n’avait pas étudié la musique. Il avait appris tout seul en Algérie la guitare ou encore la mandoline. Et quand il allait dans le café d’Ouali, il fredonnait des chansons et jouait des morceaux. Il animait aussi les autres bars, bondés de travailleurs immigrés à cette époque. Il tentait ainsi de faire entrer la gaieté dans les cœurs des déracinés. »
Engagé artistiquement pour l’indépendance de son pays natal, puis très critique à l’égard du premier régime politique d’Algérie, Slimane Azem n’hésitait pas à donner de la voix pour les causes qui lui tenaient à cœur. À quelques jours de lancer une grande exposition sur la culture berbère qui se tiendra du 17 mai au 7 juillet dans les locaux de l’association, Kader Agguini aura forcément une pensée pour le poète et chanteur. « Ici il est resté très important. Son souvenir reste vivace. »