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Un moyen d’instaurer un duel contre l’extrême droite pour 2027 ? Lors d’une prise de parole ce dimanche 10 mai face aux cadres d’Horizons réunis à Reims, Édouard Philippe s’est projeté vers l’élection présidentielle à laquelle il est candidat. Au cours de son discours, l’ancien Premier ministre s’est permis des tacles pleins d’ironie à l’endroit des mairies Rassemblement national (RN).
Le maire du Havre a ainsi évoqué « le nouveau maire de Vierzon », Yannick Le Roux, « qui pense que c’est une bonne idée de ne pas célébrer l’abolition de l’esclavage et sa désignation de crime contre l’Humanité », mais aussi la mairie de Carpentras, au cœur d’une polémique après la diffusion du chant pétainiste Maréchal, nous voilà, lors des commémorations du 8-Mai.
« Il y a quelques sujets sur lesquels le RN ne change pas », a constaté Édouard Philippe avant d’ironiser : « “Maréchal, nous voilà” diffusé à Carpentras, par erreur dit la mairie. Ils avaient le bon disque à côté de celui de “La Marseillaise”, ils se sont trompés, c’est ballot. » Une punchline qui a été accueillie par des rires et des applaudissements nourris, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous, qui cumule plus de 215 000 vues sur X.
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Lire la Vidéo Marine Le Pen déplore le « mensonge » d’Édouard Philippe
Sans surprise, cette pique du candidat Philippe n’a pas vraiment plu à Marine Le Pen, qui lui a répondu dans un message sur X. « Ce mensonge et cette bassesse ne vous honorent pas », a fustigé la députée du Pas-de-Calais, déclarant que « chacun sait que la mairie n’y est strictement pour rien, comme le démontre le communiqué de la radio associative qui a commis cette énormité et qui d’ailleurs avait signé ce contrat avec la municipalité précédente ».
Il est vrai que RTV FM (Radio Territoire Ventoux) a publié un communiqué pour « présente[r] ses excuses », évoquant une « erreur musicale ». L’opérateur de flux dans les rues de Carpentras a expliqué que le titre Maréchal, nous voilà se serait « glissé malencontreusement » dans une « séquence musicale préenregistrée intitulée le bal de la libération ».
« Cette diffusion accidentelle, aussi brève qu’inappropriée, ne reflète en rien le profond respect que notre station de radio porte à la mémoire des combattants et à la signification historique de cette journée », poursuit RTV FM, assurant que la municipalité dirigée par l’extrême droite n’est pas responsable de l’incident.
Une enquête ouverte par le parquet de Carpentras
Accident ou pas, l’affaire prend un tournant judiciaire puisque le parquet de Carpentras a ouvert une enquête pour « provocation à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée », a appris l’AFP ce dimanche.
Le parquet a expliqué avoir ouvert cette enquête « de sa propre initiative » car il n’a reçu aucune « plainte formalisée » à ce jour, a-t-il fait savoir. La justice a été informée « par voie de presse » et « veut enquêter sur ces faits sans attendre une éventuelle plainte que nous n’avons pas reçue », poursuit-il, précisant « qu’aucune piste n’est privilégiée ».
Hervé de Lépinau, le maire RN de Carpentras, avait annoncé son intention de porter plainte pour « malveillance » et fait part de son « écœurement ». Le parti d’extrême droite, sur les starting-blocks pour la présidentielle malgré les déboires judiciaires de Marine Le Pen, se serait d’autant plus épargné une polémique pétainiste qu’il cherche à tourner la page de son passé sulfureux.
En 1972, c’est un ancien collaborationniste ayant servi dans la division Charlemagne de la Waffen SS, Pierre Bousquet, qui avait déposé les statuts du Front National en préfecture en compagnie de Jean-Marie Le Pen. Depuis, le parti d’extrême droite a changé de nom et opéré une « dédiabolisation », même si les polémiques sur les « brebis galeuses » se poursuivent, élection après élection.