La cabane est tombée sur le chien. Sous la pluie phocéenne, et surtout sous les assauts du Stade toulousain, Toulon a abandonné ses derniers espoirs de phase finale.
« Le top 6, c’est terminé, lâchait Pierre Mignoni, réellement agacé, en conférence de presse. Ce soir [lire samedi], on peut le dire, puisque certains en parlent depuis un moment. Au moins, ça leur donnera raison. » Autres mots mais même conclusion du côté d’Esteban Abadie : « C’est trop tard, oui. On a fait bien trop d’erreurs tout au long de la saison. Je ne suis pas sûr que la qualification se soit jouée ce soir. » Et le troisième ligne a sûrement raison.

Les maux d’une saison
Lancé tambour battant par un succès inaugural à Montpellier, enchaîné d’une victoire face à Castres à Mayol et d’un bonus défensif ramené de Bayonne, ce Toulon-là aura mis cinq mois (!) pour reprendre des points à l’extérieur en championnat. Un match nul, à Lyon, sans son directeur du rugby, au repos forcé après sa « décompensation ». Et pour gagner ? Cela date d’il y a trois semaines, chez le promu Montauban, soit huit mois après Montpellier. Bien trop peu, en effet, pour espérer jouer les premiers rôles. Si l’on ajoute à cela deux défaites consécutives à Mayol face à Clermont et au Stade français, voilà Toulon éjecté du top 6 au milieu du mois de mars, alors qu’il y a passé les deux tiers de la saison. Alors non, le RCT n’a pas perdu sa qualification après sa gifle au Vélodrome. Et même si elle est (très) douloureuse, le mal, lui, est peut-être plus profond.
Pourtant, si la bande à Mignoni a vu ses ultimes espoirs partir en fumée à Marseille, elle ne peut pas encore ranger les crampons. Il reste encore trois journées de Top 14… et un nouvel objectif. Celui des deux premières places rangé à la cave dès février, puis celui de la phase finale officiellement abandonné samedi soir, Toulon doit, au moins, aller chercher une place dans les huit premiers. Sinon ? Il retournerait jouer la Challenge Cup l’année prochaine. Une rechute claire qui ferait mal au projet Mignoni, jusqu’ici en perpétuelle progression depuis son retour aux manettes au club à l’été 2022.
Sauver la Champions Cup
« Maintenant, on va essayer de laver l’affront parce que là, c’est dur, reprenait le directeur du rugby. Il reste trois matches et il faut essayer de terminer dans ce top 8 pour faire la Champions Cup, où on a fait un bon parcours. Ne pas jouer cette compétition l’année prochaine serait dur. Pas uniquement financièrement, mais surtout sportivement. Le challenge est là. Et ce n’est pas gagné. »
C’est le moins que l’on puisse dire. Sur ses trois dernières cartouches, Toulon devra sortir deux fois loin de ses bases. Au Racing, dès ce samedi soir, et à Castres, lors de l’ultime journée. Au milieu, les coéquipiers d’Esteban Abadie recevront Bordeaux-Bègles à Mayol fin mai. Alors en plus de jouer son top 8, Toulon pourrait bien être l’un des arbitres de la course à la qualification de ses ex-concurrents directs. Dur à encaisser… mais pas le choix, s’il veut disputer, la saison prochaine, la compétition reine en Europe.