Le président russe Vladimir Poutine a déclaré samedi qu’il serait « logique » que l’Arménie organise un référendum sur son éventuelle adhésion à l’UE, après que cet allié de longue date de Moscou a accueilli pour la première fois un sommet européen. Des propos recueillis dans la soirée, samedi, après les cérémonies du 9-Mai à Moscou.
Publié le : 10/05/2026 – 11:12
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« Quant au projet d’adhésion de l’Arménie à l’Union européenne, il requiert bien sûr une attention particulière. Nous en avons discuté à plusieurs reprises avec le Premier ministre Pakinian, a déclaré samedi soir Vladimir Poutine. Et, à mon avis, il serait judicieux (tant pour les citoyens arméniens que pour nous, en tant que principal partenaire économique) de prendre une décision au plus vite.
Par exemple, organiser un référendum. Ce n’est pas de notre ressort, certes, mais en principe, il serait tout à fait logique d’organiser un référendum et de consulter les citoyens arméniens sur leur choix. Nous pourrions alors en tirer les conclusions qui s’imposent et opter pour une séparation à l’amiable, intelligente et mutuellement avantageuse. Vous comprenez que nous sommes en train d’examiner toutes les options.
Sur ce qui se passe en Ukraine aujourd’hui, comment cela a-t-il commencé ? Avec l’adhésion, ou plutôt la tentative d’adhésion, de l’Ukraine à l’UE. »
Les petits pas de Erevan vers l’Europe
L’Arménie, ex-république soviétique, a gardé des liens avec Moscou tout en tentant de se rapprocher de l’Europe. L’an dernier, elle a adopté une loi déclarant officiellement son intention de se porter candidate à l’UE, dans la continuité d’un partenariat noué en 2017. Mais Erevan avance prudemment, rapporte l’Agence France presse, d’autant Moscou a prévenu qu’il serait « impossible » au pays d’adhérer à l’UE, vu ses liens très étroits avec l’économie russe.
Alliée à la Russie, notamment pour des raisons de sécurité, l’Arménie abrite une base militaire russe et reste membre d’alliances économiques, énergétiques et sécuritaires avec Moscou. Les relations entre les deux pays se sont cependant refroidies, Erevan s’interrogeant sur la fiabilité de son allié traditionnel, qui n’est pas venu à son secours lors de la guerre avec l’Azerbaïdjan en 2023.
Le rééquilibrage des rapports de l’Arménie avec ses partenaires consiste à préserver de bonnes relations et à ne pas froisser Moscou, tout en se rapprochant de l’Occident et en particulier de l’Union européenne. Ainsi, en début de semaine, Erevan a accueilli des dizaines de dirigeants, dont le président ukrainien Volodymyr Zelensky, pour un sommet de la Communauté politique européenne (CPE). Le sommet de la Communauté politique européenne est un rendez-vous qui rassemble deux fois par an des dizaines de dirigeants de toute l’Europe, à l’exception de la Russie et du Bélarus.
La présence du président ukrainien a cependant fâché Moscou qui a convoqué jeudi l’ambassadeur arménien pour protester. « Il était catégoriquement inacceptable, de la part de l’Arménie, d’avoir fourni une ‘tribune’ à Volodymyr Zelensky lors de récents événements financés par l’UE », a indiqué le ministère des Affaires étrangères russe, ajoutant que Moscou était « légitimement indignée » à ce sujet.
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Un sommet entre l’UE et l’Arménie s’est ensuite tenu mardi à Erevan. Les Arméniens sont favorables à une intégration européenne : 72% souhaitent rejoindre l’Union européenne, mais nombreux sont ceux qui doutent de la faisabilité de l’adhésion à l’UE dans un avenir proche.