Sophie Marie Piccoli, historienne de l’architecture et correspondante pour «espazium quaderni»

Des pavillons qui ressemblent à des châteaux de cartes, des espaces contenus dans une membrane gonflable façon coussin géant ou fabriqués avec des parois aussi fines qu’une coquille d’œuf: les œuvres de Smiljan Radić Clarke jouent avec la gravité, la légèreté, la fragilité extrême opposée à la force de la matière.

Les façades du théâtre du Biobío, à Concepción (2018), au Chili, sont faites de toiles tendues, si bien que l’édifice semble littéralement dessiné dans le ciel. Quant à la toiture du restaurant Mestizo (Santiago, 2007), elle est soutenue par d’immenses poutres d’acier posées sur de gros rochers. Mais ceux-ci tiennent debout dans un équilibre précaire, menaçant de s’effondrer à tout moment…