Grisant, bluffant, impressionnant ! À près de 50 nœuds à bord de l’Ultim SVR Lazartigue, les sensations sont tout simplement exceptionnelles. « C’est une journée champagne, sourit l’Aixois Franck Cammas, responsable de la performance. En deux heures trente, on serait en Corse avec ce bateau dans de telles conditions. »

Mercredi en rade de Toulon, il fallait bien s’accrocher une fois que ce géant des mers prenait son envol pour ne pas passer par-dessus bord alors que la côte défilait à vive allure. Des instants magiques, uniques, à savourer pleinement.

Ainsi, l’équipage a lancé sa tournée méditerranéenne qui passe par Marseille puisque le bateau s’est amarré ce dimanche en fin de journée dans le Vieux-Port au niveau de la Société Nautique de Marseille. Il y restera jusqu’à vendredi, avant de mettre le cap sur Cascais via Naples et Barcelone. L’occasion pour tous les passionnés d’observer ce géant des mers. « À cette vitesse, on est un peu sur des œufs, en train de voler sur des surfaces très faibles. On doit en permanence savoir comment régler les appendices pour avoir une stabilité suffisante », explique le skipper de 53 ans ultra expérimenté puisqu’il a quasiment tout gagné : de la Solitaire du Figaro à la Volvo Ocean Race en passant par la Route du Rhum ou la Transat Jacques-Vabre, sans oublier le trophée Jules-Verne.

Le Vendée Globe toujours en tête

Cette expertise, il la met depuis un an au service de l’équipage de ce bateau skippé par Tom Laperche avec la Route du Rhum à l’automne prochain en ligne de mire. « On essaie sans cesse de développer le bateau, le plus évolué de la précédente génération puisque Gitana 18 vient d’arriver avec un nouveau concept. On a plein d’idées mais ça prend toujours un peu de temps… Curieux et réceptif, Tom est ouvert au débat et cherche toujours à s’améliorer. Il n’hésite pas à se remettre en cause et, en même temps, il a un énorme talent, un très bon feeling et n’a pas peur. »

Indispensable pour braver les éléments en pleine mer. « Ce sont des bateaux qui sont très complexes, souligne le Breton de 28 ans. Toute la partie développement en amont est essentielle mais, une fois que l’on se retrouve seul en mer, il faut réussir à le piloter : le faire aller vite avec les bons réglages, en prenant la bonne trajectoire, en analysant la météo… »

Concrétiser le travail à bord de toute une équipe à terre. Si Franck Cammas est pleinement investi dans ce projet qui se veut gagnant, il garde un œil sur la coupe de l’America et n’a pas renoncé à son rêve de Vendée Globe. « Pour 2028, c’est tombé à l’eau faute de sponsors suffisant, mais je me sens en forme pour d’autres challenges et même le Vendée Globe suivant en 2032. »

En attendant, le pensionnaire du YCPR va profiter de son escale marseillaise. La dernière remontant à 2009 avec Groupama 3, quand il avait battu le record de la traversée de la Méditerranée.

Une conférence « Chaque goutte compte, pensez l’eau autrement » se tiendra mardi 12 mai à 14h au Mucem.