La cheffe de la diplomatie
européenne, Kaja Kallas, a rejeté lundi une suggestion du
président russe Vladimir Poutine qui proposait que l’ancien
chancelier allemand Gerhard Schröder représente l’Europe lors de
futures discussions avec Moscou sur le conflit en Ukraine.

Rappelant que Gerhard Schröder avait exercé des activités de
lobbying pour des entreprises publiques russes, elle a ajouté
qu' »il serait assis des deux côtés de la table ».

Le président russe a avancé cette piste dimanche devant la
presse, expliquant que l’ancien chef du gouvernement allemand
avait sa préférence pour endosser ce rôle de médiateur européen.

Chancelier allemand social-démocrate de 1998 à 2005, Gerhard
Schröder est depuis des années une figure controversée en raison
de ses liens étroits avec Moscou.

Proche de longue date de Vladimir Poutine, il a, après avoir
quitté ses fonctions, occupé plusieurs postes au sein
d’entreprises énergétiques liées à l’État russe, dont la
présidence du comité des actionnaires de Nord Stream, le gazoduc
reliant la Russie à l’Allemagne, et un siège au conseil
d’administration du géant pétrolier Rosneft.

Ces activités, souvent dénoncées comme des conflits
d’intérêts, lui ont valu de vives critiques en Allemagne et en
Europe, en particulier après l’invasion de l’Ukraine par la
Russie en 2022, qu’il a refusé de dénoncer.

(Andrew Gray et Lili Bayer;
version française Nicolas Delame, édité par Sophie Louet)