Le 10 mai 2026, le bidouilleur japonais TAKI a dessoudé puis sectionné une puce montée sur un module DDR5 SO-DIMM estampillé Samsung. À l’intérieur, aucun silicium DRAM : juste un bloc de fibre de verre taillé pour ressembler à un vrai composant. Les photos, publiées sur X, montrent une contrefaçon soignée jusque dans les moindres détails, étiquettes et numéros de série compris. Et ces modules circulent déjà à grande échelle sur les marchés asiatiques.

Des contrefaçons calibrées pour tromper l’oeil

Les faussaires soignent leur copie. Étiquettes clonées, numéros de série reproduits, packaging fidèle aux originaux : tout résiste à un examen rapide.

Quelques indices trahissent pourtant la supercherie, relevés par les internautes ayant inspecté ces modules : bords de PCB anormalement arrondis, couleur de circuit imprimé plus pâle que la norme, forme du PMIC (le contrôleur d’alimentation) différente de celle des composants authentiques. Autre incohérence flagrante : certaines barrettes portent un marquage Samsung tout en embarquant des puces estampillées SK Hynix, une combinaison impossible puisque Samsung fabrique ses propres composants mémoire.

À gauche, un dissipateur Corsair Vengeance DDR5 installé en slot : impossible de voir ce qu'il cache. À droite, le module une fois retiré de son heatspreader : une simple barrette DDR4 sans marquage, glissée sous l'habillage.

À gauche, un dissipateur Corsair Vengeance DDR5 installé en slot : impossible de voir ce qu’il cache. À droite, le module une fois retiré de son heatspreader : une simple barrette DDR4 sans marquage, glissée sous l’habillage.

© VideoCardz.

Ces modules circulent sur Yahoo Auctions et Mercari au Japon, parfois vendus ouvertement comme non testés ou pièces détachées, avec la mention explicite qu’aucun retour ne sera accepté. Le prix avoisine les 12 845 yens, soit environ 80 euros. Mais le problème dépasse largement l’Asie.

Dès décembre 2025, un acheteur sur Amazon Espagne avait reçu un kit ADATA XPG DDR5 scellé, expédié depuis l’Irlande, contenant de vieilles barrettes DDR2 et des plaques métalliques lestées pour simuler le poids attendu… Dans la foulée, un autre cas documenté par VideoCardz montrait des kits Corsair Vengeance DDR5 dont les dissipateurs cachaient en réalité de la DDR4.

AliExpress, où de nombreux acheteurs européens se tournent pour esquiver la flambée des prix locaux, reste un terrain tout aussi risqué. Le phénomène est devenu suffisamment sérieux pour que Corsair modifie en février 2026 le packaging de ses kits Vengeance : boîtier plastique transparent pour rendre les modules visibles avant ouverture, et étiquette anti-effraction qui se déchire à la première manipulation.

Ancien packaging carton vs nouveau boîtier transparent des kits Corsair Vengeance DDR5 RGB RS.

Ancien packaging carton vs nouveau boîtier transparent des kits Corsair Vengeance DDR5 RGB RS.

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La hausse des prix, terreau fertile pour la fraude

Les tarifs de la DDR5 ont bondi au cours des douze derniers mois sous l’effet conjugué de la demande insatiable de l’industrie IA et de la réorientation des fondeurs vers la production de mémoire serveur haute performance. Les acheteurs grand public, contraints de se tourner vers des revendeurs tiers ou des importations grises, deviennent des cibles de choix.

Le risque s’amplifie avec les kits desktop, dont les dissipateurs thermiques masquent intégralement les puces : impossible de vérifier quoi que ce soit sans démonter physiquement le module.

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