Bientôt une multiplication des refus de crédits ? ( Crédits photo: ©  Studio Romantic - stock.adobe.com)

Bientôt une multiplication des refus de crédits ? ( Crédits photo: © Studio Romantic – stock.adobe.com)


Dans un communiqué publié le lundi 27 avril, le courtier CAFPI tire la sonnette d’alarme : de plus en plus de prêts immobiliers pourraient être refusés au cours des prochains mois par les banques. Mais pourquoi ?

Toutes durées de financement confondues,

les taux d’intérêt des crédits immobiliers

sont en train de remonter. Une situation qui pourrait entraîner une augmentation du nombre de refus de prêt de la part des banques à court terme. Selon le courtier CAFPI, jusqu’à 20 % des dossiers déposés pourraient être refusés dans les mois à venir. En cause ? Des taux d’usure trop faibles eu égard aux conditions actuelles. Le point sur ce phénomène qui avait déjà touché les emprunteurs en 2022.

Jusqu’à 20 % des dossiers immobiliers pourraient être bloqués d’ici l’été 2026

Vous voulez acheter un bien immobilier à crédit au cours des prochaines semaines ou des prochains mois ? Mauvaise nouvelle : les taux d’intérêt sont en train de remonter, ce quelle que soit la durée de financement envisagée. Pour les emprunteurs, c’est la double peine. En plus de devoir s’acquitter de mensualités de remboursement plus élevées, certains dossiers pourraient purement et simplement être refusés par les banques.

Selon le communiqué du courtier CAFPI publié le lundi 27 avril, jusqu’à 20 % des dossiers de prêt immobilier pourraient être bloqués d’ici l’été 2026. En cause ? Un taux d’usure insuffisant pour permettre aux banques d’accorder certains financements. Pour rappel, le taux d’usure est le taux d’intérêt global maximal auquel une banque peut prêter de l’argent à ses clients. Ce taux varie en fonction du type de crédit souscrit et de la durée du financement.

Depuis le 1er avril, le taux d’usure des prêts immobiliers est fixé à 4,48 % pour les emprunts souscrits sur une durée allant de 10 à 20 ans. Sur des durées de remboursement plus longues, il atteint 5,19 %. Un seuil réglementaire déjà insuffisant pour bon nombre de dossiers de prêt immobilier puisque 14 % des demandes de prêt immobilier seraient actuellement refusées pour ce motif d’après les données collectées par le courtier CAFPI au cours du premier trimestre 2026 sur plus de 6 000 dossiers.

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Tous les profils d’emprunteurs touchés par des refus de prêt immobilier

Vous pensez que seuls les ménages les plus modestes, fortement endettés ou ayant un faible apport risquent d’être touchés par la remontée des taux d’intérêt et l’insuffisance du taux d’usure ? Détrompez-vous : contrairement aux idées reçues, tous les profils d’emprunteurs peuvent être impactés. Sur les durées les plus courtes, jusqu’à 70 % des dossiers de financement immobilier pourraient ainsi être refusés au cours des prochaines semaines.

Seule solution pour eux : allonger la durée de leur emprunt afin que les frais fixes (frais de dossier, frais de garantie…) pèsent moins lourd dans le Taux annuel effectif global (TAEG) de leur crédit. Une décision qui n’est néanmoins pas sans conséquences, le taux d’intérêt nominal et le coût total du crédit augmentant avec la durée de financement. D’autres profils d’emprunteurs pourraient également être fortement impactés, à l’image des primo-accédants et des ménages modestes.

Les emprunteurs âgés de plus de 45 ans pourraient aussi être de plus en plus confrontés à des refus de prêt à cause du taux d’usure. En effet, ceux-ci sont amenés à payer plus cher leur assurance emprunteur en raison d’un niveau de risque plus élevé. Or, ce paramètre entre en compte dans le calcul du TAEG d’un prêt immobilier et peut donc empêcher l’accès à un prêt immobilier, même avec un dossier de crédit solide en termes d’apport et d’endettement.