Par

Jean-Marc Aubert

Publié le

11 mai 2026 à 10h27
; mis à jour le 11 mai 2026 à 12h30

Spectaculaire interpellation dans l’Écusson, à Montpellier, ce dimanche soir, d’un individu armé d’un couteau par des policiers municipaux. Quelles étaient ses intentions ? Mystère pour l’heure, une procédure judiciaire est en cours.

La scène n’est pas passée inaperçue, ce dimanche 10 mai 2026, à 20h50, sur la place Jean-Jaurès, où les terrasses des cafés et des restaurants étaient bondées : à peine un individu âgé d’une vingtaine d’années venait-il de s’asseoir au pied de la grande statue du journaliste et de l’homme politique assassiné en 1914 trônant au milieu de l’artère, que cinq policiers municipaux de la brigade de nuit surgissaient de la rue de la Loge, arme à la main.

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« Comme s’il était aux abois »

Tout s’est passé en une minute : le suspect était plaqué ventre au sol et menotté dans le dos, avant d’être embarqué par un équipage. Direction : le commissariat central où une procédure a été établie. Selon une source proche de l’enquête à Métropolitain, « les policiers municipaux qui étaient en patrouille dans le centre-ville au ni veau des halles Castellane ont été avisés par un restaurateur qu’un individu venait de s’emparer d’un couteau sur une table de la terrasse de l’établissement et qu’il venait d’aller s’asseoir sur le piédestal de la statue de Jean-Jaurès toute proche. Son attitude était suspecte, comme s’il était aux abois ».

Quelles étaient ses intentions ? Attendait-il quelqu’un pour le poignarder ? Face à la situation, les agents de la police municipale ont réagi dans les plus brefs délais, puisque l’homme armé n’était assis que depuis une minute lorsqu’il a été arrêté, sans qu’il ne parvienne à prendre la fuite à la vue des uniformes, ni qu’il ne s’y oppose.

Vidéos : en ce moment sur ActuAvec des précautions 

« L’individu avait l’arme blanche en main, quand il l’a volée sur une table de la terrasse d’un des restaurants de la place et qu’il avait dissimulée dans une poche quand il s’est assis lorsque les policiers municipaux sont arrivés. Très vite informés de la situation, ils sont intervenus illico avec des précautions, car ils ignoraient la réaction de l’individu », précise cette source proche de l’enquête. Une arrestation publique sans bavure.

Une loi de 1939

En France, le port d’armes a été interdit en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, puis maintenu par la France de Vichy et jamais libéralisé depuis. Il est interdit d’avoir une arme à feu sur soi dans le domaine public, sauf pour la chasse ou d’autres activités fortement règlementées. Et la loi a été musclée depuis un an.

Nouvelle réglementation

Dans un objectif de renforcement de la sécurité publique et de prévention des violences impliquant des armes blanches, la réglementation relative à leur vente, détention et port a été modifiée par l’arrêté du 4 juillet 2025 et le décret n° 2025-894 du 5 septembre 2025, à la suite du rapport de la mission « Mineurs et armes blanches » remis au Premier ministre -à l’époque François Bayrou- le 28 mai 2025.

Katana et machette

Il; faut savoir que sont illégaux le port et la détention de couteaux dits « Zombie », c’est-à-dire les couteaux, coutelas et machettes, à lame fixe disposant d’un côté tranchant, d’une extrémité pointue, d’un côté dentelé et présentant en complément soit plus d’un trou dans la lame, soit plusieurs pointes acérées , comme par exemple un sabre et un katana; les coups de poing américains d’un modèle postérieur au 1er janvier 1900 permettant à quatre doigts d’être protégés et de maintenir l’arme tout en accentuant l’efficacité vulnérable de la frappe et les armes mixtes combinant un coup de poing américain.

L’acquisition et la détention de ces armes par des particuliers ou des professionnels non autorisés sont interdites. Les détenteurs avaient jusqu’au 6 décembre 2025 pour les remettre à un service de police ou de gendarmerie. S’ils les possèdent toujours, ils encourent une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000€ d’amende.

Autorisation préfectorale 

Les commerces -hors armureries- proposant à la vente certaines armes blanches désormais classées en catégorie D doivent détenir une autorisation préfectorale pour vendre ce type d’armes :  les couteaux à ouverture manuelle dits « papillons » ou « balisong » ; les couteaux à cran d’arrêt à ouverture automatique ; les armes blanches de jet appelées communément « étoiles de Ninja » ; les armes mixtes d’un modèle antérieur au 1er janvier 1946 qui combinent une arme dite « coup de poing américain » avec une arme blanche à lame.

Contrôles 

Ces commerces ont obligation de demander leur autorisation de commercialisation avant le 7 mars 2026 auprès du service armes de la préfecture de l’Hérault. Les commerçants non déjà armuriers qui souhaitent poursuivre le commerce des ces armes doivent désormais présenter, lors d’un contrôle, une autorisation d’ouverture de commerce et respecter des mesures de sécurité et d’affichage.

Armes interdites de vente aux mineurs

Un affichage spécifique existe pour les commerces d’armes à feu et d’armes blanches classées. Les commerces d’armes blanches non classées -physique et en ligne- sont soumis à cette même obligation d’affichage mentionnant l’interdiction de vente aux mineurs. Les procureurs de la République de Montpellier et de Béziers se montrent fermes pour lutter contre le port et la détention de couteaux, avec un déferrement systématique au parquet dans la foulée d’une garde à vue d’un mineur ou d’un adulte, avec saisie et destruction des armes blanches. Par ailleurs, à la demande de l’Académie de Montpellier, des contrôles de la police nationale et de la gendarmerie sont menées dans les collèges, les lycées et dans les transports scolaires pour réprimer ces interdictions.

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