Il n’a de désert que le nom. Loin d’être stérile, le Désert de Retz est en réalité un jardin anglo-chinois exceptionnel situé à Chambourcy (Yvelines).

Véritable pièce de patrimoine, il a été créé à la fin du XVIIIe siècle par l’aristocrate François-Nicolas-Henri Racine de Monville. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le luxuriant voyage offert par le Désert de Retz.

Un parcours initiatique

Ce jardin représente d’abord tout l’esprit de son créateur, François Racine de Monville, homme des Lumières passionné d’architecture, de botanique et de musique, peut-on lire le site de la commune de Chambourcy.

Cet aristocrate a créé entre 1 774 et 1 789 un véritable paradis de 38 ha sur le terrain d’une ancienne maison de campagne placée sur le hameau de Saint-Jacques de Retz, près de la forêt de Marly, explique le site du parc. Son nom de désert vient quant à lui du caractère reculé de ce domaine propice aux déambulations.

Côté végétation, l’homme a aménagé ici un parc paysager hors du commun à l’aide de plusieurs milliers de pieds commandés auprès des pépinières royales et de sa collection d’essences rares. Aujourd’hui, plusieurs arbres du domaine sont centenaires.

Le lieu se distingue aussi par ses fabriques, de petites constructions ornementales s’inspirant des styles chinois, orientaux ou bien antiques. Il y en avait 20 à l’origine pour « un parcours initiatique évoquant différentes cultures et courants de pensée : l’Éthique, les Physiocrates, les Encyclopédistes, les Lumières, l’Écologie, les Sciences, la Chine, ou encore la Franc-maçonnerie », explique la commune.

Sauvé de la ruine par André Malraux

En son temps, le Désert de Retz a accueilli de nombreux invités prestigieux, comme Marie-Antoinette ou Thomas Jefferson. Classé au titre des monuments historiques en 1941, il a été sauvé de la ruine au cours de la deuxième moitié du XXe siècle grâce à la mobilisation d’André Malraux.

Désormais propriété de Chambourcy, le parc a fait l’objet de nombreuses restaurations. « Le Désert de Retz fait aujourd’hui 17 ha et compte encore 7 fabriques : la Colonne détruite, la Tente tartare, l’église gothique ruinée, le Temple au dieu Pan, le Petit Autel presque ruiné, le Théâtre découvert et la Pyramide glacière », décrit la municipalité.

Ce site unique est ouvert au public tous les samedis et dimanches d’avril à octobre, de 14 heures à 18 heures. Il est accessible en voiture mais aussi en transports en commun depuis Paris en prenant un bus après avoir rejoint la gare de Saint-Germain-en-Laye (RER A) ou de Poissy (ligne J du Transilien). Le billet plein tarif est à 10 euros. Toutes les informations pratiques et la billetterie en ligne sont à retrouver sur le site du parc.