Berlin qualifie de « leurre » les propos de Poutine
Le ministre allemand de la défense a dit lundi 11 mai suspecter que les propos de Vladimir Poutine au sujet d’une fin prochaine de la guerre en Ukraine étaient un « leurre ». Le 9 mai, le président russe avait surpris en évoquant la possibilité que la guerre « touche à sa fin », puis en disant que son ami, l’ex-chancelier allemand Gerhard Schröder, ferait à ses yeux un bon médiateur pour un dialogue avec l’Europe.
« S’il voit la fin de cette guerre approcher, pourquoi n’y met-il pas simplement un terme ? Il serait alors en contrôle du calendrier », a estimé Boris Pistorius, lors d’une conférence de presse à Kiev. « Il est à craindre, même si j’espère me tromper, qu’il s’agisse là d’un nouveau leurre », a-t-il ajouté, relevant que Poutine avait l’habitude de « jouer avec des cartes truquées » à chaque fois qu’il a pu être question de trêve en Ukraine.
La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne Kaja Kallas s’est montrée sceptique quant à la proposition du président russe Vladimir Poutine de nommer l’ex-chancelier allemand Gerhard Schröder comme médiateur dans la guerre en Ukraine.
« Gerhard Schröder a été lobbyiste à haut niveau pour les entreprises publiques russes, donc on voit clairement pourquoi Poutine veut que ce soit lui », a-t-elle déclaré depuis Bruxelles. « Il ne serait pas très sage de donner à la Russie le droit de désigner un négociateur en notre nom », a-t-elle poursuivi.
Interrogé samedi sur son candidat favori pour reprendre le dialogue avec les Européens, Vladimir Poutine a répondu qu’il préférait « personnellement » Gerhard Schröder. Au pouvoir de 1998 à 2005, ce social-démocrate de 82 ans est resté depuis deux décennies un soutien fidèle du chef de Kremlin. Son refus de condamner l’invasion russe en Ukraine en 2022 lui a valu l’opprobre au sein du SPD, parti minoritaire de la coalition du chancelier allemand Friedrich Merz.
Démission du ministre letton de la défense
Le ministre letton de la défense a démissionné dimanche, à la suite de l’incursion jeudi en Lettonie de deux drones qui ont frappé des installations de stockage de pétrole. Cette décision suit un appel à sa démission lancé par la première ministre lettone, Evika Silina, qui a déclaré sur X qu’il avait « perdu (sa) confiance et celle du public », les systèmes antidrones n’ayant pas été déployés assez rapidement.
« L’incident impliquant des drones cette semaine a clairement montré que la direction politique du secteur de la Défense n’a pas tenu sa promesse de garantir un ciel sûr au-dessus de notre pays », a écrit Evika Silina. « C’est une responsabilité immense qui exige des résultats clairs », a-t-elle ajouté, rappelant que le pays figure parmi les plus gros contributeurs de l’Otan en termes relatifs – avec près de 5 % de son PIB consacrés à la défense.
Moscou « ne respecte pas » le cessez-le-feu accuse Zelensky
La Russie mène des assauts sur la ligne de front, en violation du cessez-le-feu de trois jours annoncé par le président américain Donald Trump, a dénoncé dimanche le président ukrainien Volodymyr Zelensky. « Les Russes poursuivent leurs opérations d’assaut dans des secteurs stratégiques pour eux », a déclaré Volodymyr Zelensky lors de son allocution du soir, tout en précisant qu’aucune attaque aérienne « d’envergure » n’avait été lancée dimanche. « Sur la ligne de front, l’armée russe ne respecte pas le cessez-le-feu et ne fait même pas vraiment d’efforts pour le faire », a-t-il ajouté.
De son côté, le ministre russe de la Défense a accusé l’Ukraine de « 16 071 violations » sur les dernières 24 heures, dont des milliers d’attaques de drones.
Le président américain Donald Trump avait annoncé vendredi soir un cessez-le-feu de trois jours entre l’Ukraine et la Russie, à partir de samedi.