« On ne veut plus entendre parler de meetings aériens ! » Comme Hélène, ils sont nombreux à s’être cassé les dents à l’entrée de la base aéronavale de Lann-Bihoué, dimanche 10 mai 2026. 40 000 personnes avaient réservé leur billet pour le grand meeting aérien des 80 ans de la BAN, à Quéven. Mais beaucoup ont rebroussé chemin sans avoir vu l’ombre d’un Rafale.

Des heures et des heures d’attente

Habitant Landudal, près de Quimper, Hélène et son conjoint avaient pourtant pris leurs dispositions. « On avait loué un gîte à Hennebont la veille, car on savait que l’accès serait difficile ». Le couple, qui s’est aussi organisé pour faire garder ses enfants, arrive à 9 h au parking relais du Leclerc de Quéven. « Déjà plein ! » s’étouffe la Finistérienne, qui patiente trois heures sous une pluie battante avant de monter dans une navette. « Arrivés à la base, on a attendu des heures dans le bus. Tous nos vêtements étaient trempés. Et quand on a pu sortir de la navette, on nous a annoncés trois heures de queue pour le contrôle des sacs… » La douche froide. Le couple abdique, frigorifié. « On était hyper déçus, c’était notre seule sortie à deux de l’année. Et un moment qu’on ne pourra pas revivre, sur un site d’ordinaire inaccessible ».

Des trombes d’eau ont marqué le meeting aérien des 80 ans de la base de Lann-Bihoué, dimanche 10 mai 2026, à Quéven.Des trombes d’eau ont marqué le meeting aérien des 80 ans de la base de Lann-Bihoué, dimanche 10 mai 2026, à Quéven. (Lionel Le Saux/Le Télégramme)« 950 km pour rien ! »

Même déception pour Gavrila, son mari, leurs quatre enfants et leurs proches venus spécialement d’Alsace. « 950 km pour rien ! » La petite famille, partie à 8 h de Ploërmel, n’a même pas atteint la navette. « Il y avait 1 km de queue pour monter dedans, c’était l’anarchie. Pas de balisage, pas de consignes… ». La Morbihannaise s’étonne du décalage entre la rigueur militaire de l’inscription (« on nous a demandé nos numéros de passeport ! ») et « le gros bazar » sur place. « Mon fils de 4 ans a pleuré pendant tout le trajet du retour », souffle la mère de famille. Entre les billets et le carburant, 130 € se sont envolés sans apercevoir un train d’atterrissage. « L’équivalent d’un plein de courses pour une semaine ».

« Résultat : une journée gâchée, 140 € de billets perdus et des enfants en larmes »

Les difficultés n’ont pas épargné ceux qui avaient réservé un parking sur site. Emmanuelle, de Guidel, est restée trois heures dans les bouchons avec sa mère, en situation de handicap, et quatre enfants à bord. « On n’avançait pas. Ma mère était en souffrance, les petits avaient faim. Humainement, ce n’était plus possible ». À 13 h, demi-tour. « Résultat : une journée gâchée, 140 € de billets perdus et des enfants en larmes ».

Demandes de remboursement

Au lendemain de la fête, les témoignages de mécontents pleuvent sur les réseaux sociaux. Les demandes de remboursement aussi. Certains saluent malgré tout « la bienveillance des militaires », dépassés par l’affluence et une météo exécrable. Reste une question, revenue dans toutes les bouches : « Pourquoi vendre 40 000 billets si la logistique ne suit pas ? ». Pour beaucoup de familles, l’anniversaire de la BAN de Lann-Bihoué s’est achevé bien avant le bout de piste.