Ce virage ne date pas d’hier. Sous Joe Biden, l’Inflation Reduction Act a marqué une première étape : relocaliser la production industrielle et attirer les entreprises grâce à des subventions et des avantages fiscaux. Avec Donald Trump, le ton change mais pas l’objectif. Là où Biden incitait, Trump impose, notamment via la menace de droits de douane. Dans les deux cas, il s’agit de recréer un secteur industriel fort pour soutenir la croissance…

Un choix stratégique de fond

Ce virage ne date pas d’hier. Sous Joe Biden, l’Inflation Reduction Act a marqué une première étape : relocaliser la production industrielle et attirer les entreprises grâce à des subventions et des avantages fiscaux. Avec Donald Trump, le ton change mais pas l’objectif… Là où Biden incitait, Trump impose, notamment via la menace de droits de douane. Dans les deux cas, il s’agit de recréer un secteur industriel fort pour soutenir la croissance, l’emploi et préserver la domination technologique américaine…

 

Le rôle des géants de la tech

À cette stratégie politique s’ajoute une dynamique bien plus puissante encore : celle des géants technologiques : intelligence artificielle, quantique et spatial attirent aujourd’hui des investissements de plusieurs centaines de milliards de dollars, impactant directement l’économie. Au 1er trimestre, la consommation des ménages a peu progressé (+1,6%), l’investissement résidentiel a reculé (-8%), mais les dépenses en équipements ont bondi de 17%. Ces évolutions, bien que récentes, montrent que la technologie devient un moteur économique central. Ce modèle, axé sur l’investissement et sur les secteurs d’avenir, rappelle la trajectoire chinoise : en voulant contrer la Chine, les États-Unis s’en rapprochent paradoxalement.

 

Stratégie de moyen et long terme

Cette mutation n’est pas sans risques à court terme. La concentration des investissements sur quelques géants de la tech assèche en partie le reste de l’économie. Les conditions financières sont tendues, avec des taux hypothécaires élevés qui freinent l’immobilier et la confiance des ménages. À l’approche des élections, la relance de la consommation sera privilégiée, mais le pari américain est de long terme : autosuffisance énergétique, gain de productivité grâce à la technologie et diffusion des innovations devraient consolider la domination des États-Unis, avec la Chine comme unique rivale. Dans ce contexte, l’Europe et le Japon peinent à suivre, faute de moyens financiers, de capacité d’investissement ou de culture du risque. Les déboires de l’Europe dans l’espace l’illustrent : tandis que SpaceX domine le secteur, l’Union européenne reste freinée par la lourdeur administrative et des subventions mal réparties. Ce constat vaut pour d’autres secteurs innovants : concurrencer l’agilité des géants américains s’annonce difficile pour le Vieux Continent. À moyen et long terme, les États-Unis et la Chine apparaissent comme les grands gagnants des avancées technologiques. Si la capitalisation boursière américaine dépasse 200% du PIB, c’est aussi parce qu’elle domine désormais le marché mondial.

 

Un nouveau monde, bipolaire

Les investissements réalisés par les États-Unis et la Chine ne porteront pas toujours leurs fruits en matière de productivité ou de compétitivité, mais qui ne tente rien n’a rien. Il est certain qu’une part de ces capitaux générera des avancées technologiques majeures, assurant leur avenir. En comparaison, investissement et innovation restent limités en Europe, même si notre continent conserve encore une présence dans certains secteurs concurrentiels. Cependant, le nombre de domaines stratégiques où l’Europe excelle continue de diminuer et sur la technologie de pointe, nos acteurs restent largement absents. Dans ces conditions, celui qui souhaite garder une exposition sur ces secteurs devra investir ailleurs. Les marchés d’actions américains et chinois occupent donc une large place dans nos portefeuilles, complétés par d’autres marchés à forte demande intérieure (comme l’Amérique latine ou la Pologne) ou offrant de belles perspectives.

 

Nous conseillons les fonds d’actions américaines à concurrence de 5% d’un portefeuille défensif, 15% d’un portefeuille équilibré et 25% d’un portefeuille dynamique.
Pour un investissement direct en actions américaines, utilisez notre sélecteur d’actions.
Les obligations en dollar sont également bien présentes dans tous nos portefeuilles.