Le BAIC X75 D-SUV débarque sur le marché français avec une promesse alléchante : proposer le gabarit et l’équipement d’un premium européen pour le prix d’un SUV compact. Avec ses 4,75 mètres de longueur, ce SUV chinois revendique des dimensions proches du Volvo XC60 tout en affichant un tarif d’entrée à 36 750 €. Un écart de prix de 25 000 € qui interpelle, d’autant que la dotation de série s’informe particulièrement généreuse.

Sur le papier, la proposition séduit. Le constructeur chinois mise sur une stratégie agressive pour s’implanter en Europe : offrir un niveau d’équipement premium sans le prix qui va avec. Face aux Peugeot 5008, Skoda Kodiaq et autres Hyundai Santa Fe, le X75 joue la carte du rapport prix-prestations. Reste à voir si cette approche suffit à convaincre une clientèle européenne encore méfiante vis-à-vis des marques chinoises.

BAIC X75 D-SUV chinois 4,75m premium abordable 36750 euros

Ce SUV chinois revendique les dimensions d’un Volvo XC60 pour 25 000 € de moins grâce à un positionnement tarifaire agressif © BAIC
Un gabarit de premium pour un prix de généraliste

Avec ses 4,75 mètres de longueur, le BAIC X75 s’inscrit dans la catégorie des SUV familiaux de segment D. Ces dimensions le placent directement en concurrence avec des références établies comme le Volvo XC60, mais également le BMW X3 ou l’Audi Q5. La différence ? Le tarif de départ à 36 750 € pour la version essence, quand un XC60 équivalent dépasse allègrement les 60 000 €.

Motorisation turbo et transmission double embrayage

Sous le capot, on retrouve un bloc 1,5 litre turbo développant 177 chevaux, associé à une boîte automatique à double embrayage DCT à sept rapports. Cette mécanique anime les roues avant uniquement, le constructeur n’ayant pas jugé utile de proposer une transmission intégrale sur ce modèle. Les performances annoncées restent dans la norme du segment : 0 à 100 km/h en 9,8 secondes et une vitesse maximale de 200 km/h.

Côté consommation, BAIC annonce 8,3 litres aux 100 kilomètres en cycle mixte, avec des émissions de 190 grammes de CO² par kilomètre. Des chiffres corrects pour un SUV de cette taille pesant 1 650 kg, mais qui lui valent une étiquette Crit’Air 2. Une version GPL est également proposée à 40 500 €, permettant d’améliorer le bilan économique à l’usage.

En conditions réelles, cette motorisation turbo devrait offrir un agrément correct en usage urbain et périurbain. Le couple disponible dès les bas régimes facilite les relances, tandis que la boîte DCT promet des passages de rapports plus fluides qu’une transmission CVT. Reste que face aux hybrides qui dominent désormais le segment, cette mécanique 100 % thermique semble datée.

BAIC X75 face avant design chinois SUV segment D

La face avant du X75 adopte les codes esthétiques des SUV européens pour séduire la clientèle locale © BAIC
Un équipement premium sans le prix premium

C’est sur la dotation de série que le BAIC X75 entend faire la différence. Le constructeur a opté pour une stratégie du tout-inclus, sans options payantes hormis le choix de la couleur. Une approche qui tranche avec les pratiques européennes avec lequel chaque équipement se monnaye.

Triple écran et technologies embarquées

L’habitacle s’articule autour d’un triple écran : instrumentation numérique de 12,3 pouces, système multimédia de 12,3 pouces également, et un troisième écran dédié aux commandes de climatisation. Cette profusion d’écrans vise à rivaliser avec les intérieurs des premiums allemands, même si la finition ne sera probablement pas au même niveau.

La liste d’équipements de série impressionne : toit ouvrant panoramique, sellerie cuir, sièges avant électriques ventilés et chauffants, accès et démarrage mains libres, ou encore chargeur à induction pour smartphone. Côté sécurité, on retrouve les aides à la conduite désormais obligatoires : freinage d’urgence automatique, reconnaissance des panneaux, alerte de franchissement de ligne, ou encore régulateur adaptatif.

BAIC X75 triple écran 12,3 pouces instrumentation multimédia climatisation

L’habitacle mise sur un triple écran pour rivaliser avec les premiums allemands malgré le prix contenu © BAIC
Face aux références européennes

Positionné à 36 750 € en version essence et 40 500 € en GPL, le BAIC X75 s’attaque à un segment particulièrement concurrentiel. Le Peugeot 5008 démarre à 35 450 € mais dans une finition dépouillée, quand le Skoda Kodiaq réclame au moins 38 990 €. Plus proche en termes de gabarit, l’Hyundai Santa Fe débute à 49 990 €.

L’équation chinoise du rapport qualité-prix

Cette stratégie tarifaire agressive s’explique par la volonté des constructeurs chinois de s’implanter rapidement en Europe. En proposant un niveau d’équipement généralement réservé aux finitions hautes pour le prix d’une version d’entrée, BAIC espère séduire les acheteurs rationnels. Le pari : compenser une image de marque encore fragile par un rapport prestations-prix imbattable.

Reste la question de la revente et du réseau après-vente, deux points cruciaux pour les acheteurs européens. Les marques chinoises doivent encore faire leurs preuves sur ces aspects, même si les garanties proposées s’alignent désormais sur les standards du marché.

BAIC X75 arrière design SUV chinois segment D premium

La poupe du X75 reprend les tendances actuelles du design SUV sans originalité particulière © BAIC
Un coffre en retrait malgré le gabarit

Malgré ses dimensions généreuses, le BAIC X75 affiche un volume de coffre de 350 litres seulement, soit moins qu’un Peugeot 3008 pourtant plus compact. Cette limitation s’explique probablement par l’architecture de la plateforme et la présence du réservoir de carburant. Pour un SUV familial de cette taille, c’est un point faible qui pourrait peser dans la balance face aux références européennes.

Habitabilité arrière compensatrice

En revanche, l’espace aux places arrière se montre généreux, profitant de l’empattement étiré. Les passagers arrière disposent d’un dégagement correct pour les jambes et la tête, même si les matériaux utilisés trahissent le positionnement tarifaire du véhicule. La banquette se veut modulable, permettant d’optimiser le volume de chargement selon les besoins.

Un positionnement qui interroge sur la durabilité

Le BAIC X75 illustre parfaitement la stratégie des constructeurs chinois en Europe : proposer un maximum d’équipements pour un prix plancher, quitte à sacrifier les marges. Cette approche pose la question de la pérennité économique du modèle et de la marque sur le long terme. Si l’offre séduit par son rapport prestations-prix, elle interroge aussi sur la qualité des composants et la durabilité de l’ensemble. Avec ses 190 grammes de CO² par kilomètre, ce SUV thermique arrive aussi à contre-courant des tendances réglementaires européennes qui favorisent l’électrification. Un positionnement risqué dans un contexte où les ZFE se multiplient et où les malus CO² s’alourdissent. Pour autant, le X75 pourrait trouver son public parmi les automobilistes cherchant un SUV familial bien équipé sans exploser le budget, quitte à faire l’impasse sur l’image de marque et l’hybridation.