Malgré le volontarisme des riverains, les autorités dissuadent toutes recherches non autorisées qui risqueraient de perturber le travail des enquêteurs. Les investigations se poursuivent depuis début avril dans les environs de Saint-Étienne-de-Montluc.
Une initiative vue d’un mauvais œil par les autorités. La gendarmerie nationale a rappelé à l’ordre les organisateurs d’une «battue citoyenne» organisée à Saint-Étienne-de-Montluc, près de Nantes, pour retrouver la trace de Manon Relandeau. Partagée sur les réseaux sociaux, au cours de la semaine dernière, une publication appelait des bénévoles à se mobiliser «pour aider aux recherches» de l’éleveuse de 31 ans, portée disparue depuis le 27 mars. Cette opération largement relayée sur Facebook n’était, cependant, pas organisée de concert avec la gendarmerie – malgré la présence du logo officiel. L’événement a été annulé avant de pouvoir se tenir.
«Nous appelons chacun à faire preuve de responsabilité et à ne pas répondre à ces appels non officiels», a recadré, sur ses réseaux sociaux, le groupement de gendarmerie de Loire-Atlantique, jeudi 7 mai. «Ce genre d’action isolée peut nuire aux recherches et aux investigations actuellement en cours», a ajouté l’état-major départemental, déjà cible de critiques en raison de la lenteur supposée des opérations. Un appel à témoins avait été diffusé le 22 avril, près de quatre semaines après la disparition de Manon Relandeau – et trois semaines après l’ouverture de l’enquête.
Les recherches se poursuivent
«Ces initiatives civiles sont louables, bien sûr, mais elles sont tout à fait déconnectées des recherches en cours, explique une source proche du dossier. Les enquêteurs sont affairés nuit et jour pour retrouver la disparue. Ils travaillent de manière structurée, par strates, en avançant de zone en zone. Il serait hors de question qu’une battue non encadrée vienne piétiner le secteur et perturber les investigations». Les marais étant nombreux dans les environs de Saint-Étienne-de-Montluc, les autorités redoutent par ailleurs que de nouveaux incidents ne surviennent pendant ces opérations citoyennes. En dehors de la battue annulée de justesse, d’autres initiatives locales ont également été réfrénées ces derniers jours.
L’avertissement de la gendarmerie nationale a été diversement accueilli en ligne. Une part d’incompréhension subsiste, en particulier, sur l’intensité des investigations. «Si les recherches étaient plus réactives, aussi…», maugrée ainsi un internaute sous la publication de la gendarmerie de Loire-Atlantique. Une enquête pour «disparition inquiétante» et pour «meurtre» a été ouverte le 2 avril par le parquet de Nantes. Âgé de 41 ans, Abdelkarim B., le conjoint de Manon Relandeau et principal suspect, a été arrêté le 27 avril en Algérie, en compagnie de la fille du couple, âgée de 15 mois. Le quadragénaire a depuis été placé en détention provisoire.