Hacène Larbi est suspecté d’avoir recruté en 2023 un mineur de 17 ans originaire des Yvelines, afin d’exécuter une cible dans les quartiers nord de Marseille, moyennant quelques milliers d’euros.
Un homme de 24 ans comparaît depuis lundi en correctionnelle à Paris, soupçonné d’avoir recruté sur les réseaux sociaux, depuis sa cellule de prison, des mineurs pour exécuter des contrats à Marseille pour le compte du groupe criminel de la DZ Mafia.
«Je n’appartiens à aucun groupe, je n’appartiens à aucune mafia», «je suis juste une personne qui a su faire son argent, qui défend ses intérêts», a déclaré Hacène Larbi. Le rôle de commanditaire lui a été attribué par un jeune homme originaire des Yvelines qui a raconté aux enquêteurs comment il avait été recruté sur Snapchat par Hacène Larbi, alias «Le H», pour se rendre à Marseille en juin 2023, alors qu’il avait 17 ans, et y exécuter, moyennant quelques dizaines de milliers d’euros, deux hommes qui n’ont pas été identifiés.
Surpris dans une impasse des quartiers nord par un passant, qu’il avait blessé à l’arme blanche, l’adolescent avait fui avant d’être dénoncé dans un appel anonyme aux policiers. Il doit être jugé le mois prochain à huis clos par le tribunal pour enfants. L’affaire fait écho à un dossier dans lequel «Le H» est mis en examen : le meurtre le 4 octobre 2024 d’un chauffeur de VTC marseillais par un mineur de 15 ans.
Déjà condamné à plusieurs reprises
Ce dernier avait déjà été dénoncé dans un appel à la police passé depuis le téléphone utilisé en prison par Hacène Larbi. L’interlocuteur anonyme aurait été mécontent de son jeune sicaire qui avait abattu ce chauffeur sans lien avec sa cible désignée. Le tueur a été condamné en février à 17 ans de réclusion criminelle. La victime n’avait aucun lien avec la criminalité organisée.
Affichant sa nonchalance à la lecture des faits, le prévenu, moustache fine sous une tignasse bouclée, également jugé pour trafic de cannabis, comparaît jusqu’à mercredi au côté d’un homme de 30 ans et d’une femme de 23 ans. Cette dernière, originaire elle aussi de région parisienne, est soupçonnée d’avoir assuré la logistique, fournissant armes, munitions et logement. Comparaissant libre, elle a d’emblée été la cible de propos vindicatifs de la part d’Hacène Larbi, avant que celui-ci ne décrive son enfance et son adolescence fracassées, placé bébé en foyer puis en familles d’accueil, séparé de son jumeau à 12 ans avant une première incarcération dès 2017, alors qu’il était mineur.
Lors d’une de ses rares périodes de liberté, il a été victime en 2022 d’une séquestration accompagnée d’actes de torture et de barbarie sur laquelle il n’a rien voulu dire. Sans présenter un profil pénal de narcotrafiquant de haut vol, Hacène Larbi a été de nombreuses fois condamné, notamment dans des dossiers de stupéfiants, de violences, y compris contre le personnel pénitentiaire.