Par
Etienne Lair
Publié le
11 mai 2026 à 6h30
Le rugby néo-zélandais traverse une grande période d’incertitude. Alors que les All Blacks restent une référence mondiale, les départs vers l’Europe et le Japon se multiplient au fil des saisons.
À l’issue du Super Rugby Pacific, plusieurs joueurs vont encore quitter le pays, à l’image de Riley Higgins, attendu à Édimbourg, ou de Hoskins Sotutu, proche d’un départ pour l’Italie.
Des finances de plus en plus fragiles
La Nouvelle-Zélande ne peut plus rivaliser financièrement avec les championnats européens et japonais. Selon The New Zealand Herald, la fédération a enregistré en 2025 des pertes de 7,5 millions de dollars néo-zélandais (environ 4,1 millions d’euros), après 19,5 millions (environ 10,6 millions d’euros) en 2024 et près de 47 millions (environ 25,5 millions d’euros) en 2023.
Malgré des dirigeants qui assurent garder la situation « sous contrôle », les franchises de Super Rugby restent fragilisées.
Dans ce contexte, la question des salaires est devenue centrale. Les provinces néo-zélandaises ne peuvent pas rivaliser avec les offres venues de France, d’Angleterre ou du Japon.
Un modèle très strict et des salaires trop bas
Le modèle néo-zélandais, basé sur un contrôle strict des contrats par la fédération, limite aussi la marge de manœuvre des franchises.
Imaginez qu’il n’y a que 190 contrats professionnels à temps plein disponibles en Super Rugby. Chaque province est soumise à un plafond salarial de 4,5 millions de dollars néo-zélandais (environ 2,3 millions d’euros) pour 38 joueurs. Le salaire maximal autorisé est de 195 000 dollars néo-zélandais annuel (soit un peu moins de 100 000 euros).
Par ailleurs, la NZRU dispose d’un budget complémentaire pour une quarantaine de joueurs, les meilleurs du pays. Problème : un très grand écart salarial entre les All Blacks (jusqu’à 1 million de dollars néo-zélandais annuel pour certains), et les autres joueurs, ce qui engendrent de gros problèmes dans les vestiaires.
Plusieurs équipes de Super Rugby sont en difficulté, y compris les Crusaders, pourtant l’une des références du rugby mondial.
La France et le Japon, nouveaux eldorados
Face à cette réalité, de nombreux joueurs choisissent l’exil au moment où ils arrivent à maturité. La France apparaît comme la destination privilégiée. Le Top 14 offre des salaires très élevés, des infrastructures modernes et une stabilité économique devenue rare dans le rugby mondial.
Plusieurs joueurs ont donc aussi fait le choix de l’exil en France. C’est le cas de Dalton Papali’i, désormais attendu à Castres, tandis que Sevu Reece et Braydon Ennor vont rejoindre Perpignan.
De leur côté, Etene Nanai-Seturo et AJ Lam sont annoncés du côté de Clermont, attirés à la fois par une nouvelle expérience et des conditions financières plus avantageuses. En Top 14, le salaire moyen d’un joueur s’élève à 259 000 euros : c’est tellement attrayant pour les Néo-Zélandais, conscients aussi qu’une carrière est courte et les opportunités rares.
Le Japon s’impose lui aussi comme une destination très attractive pour les joueurs néo-zélandais, grâce à une qualité de vie appréciée et des contrats très lucratifs pour des saisons moins exigeantes physiquement.
C’est notamment le cas de Devan Flanders, prometteur deuxième ligne des Hurricanes et récemment sélectionné avec les All Blacks XV, qui a choisi de rejoindre une franchise japonaise.
Longtemps considéré comme inimaginable, le départ précoce des talents néo-zélandais est désormais presque normalisé.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.