Depuis près de dix ans, le Collectif pour la gratuité des transports publics dans l’aire grenobloise (CGTPAG) milite pour la gratuité des transports publics dans l’agglomération grenobloise. La flambée du prix des carburants lui offre aujourd’hui un nouveau levier pour peser dans le débat.
Dans un communiqué publié le 30 avril, le collectif tire la sonnette d’alarme : “Depuis le début de la guerre en Iran fin février 2026, le cours du baril de Brent est passé de 72 à plus de 100 dollars, soit une hausse de plus de 50 %.” À la pompe, les effets sont immédiats, “le gazole a pris 50 centimes en un mois pour atteindre 2,20 €/l en moyenne nationale”.
Dans ce contexte, le CGTPAG interpelle la municipalité de Grenoble ainsi que le Syndicat mixte des mobilités de l’aire grenobloise (Smmag). D’autant que le coût des transports en commun locaux n’a cessé lui aussi de grimper d’année en année. Le ticket unitaire atteint désormais 2 €, tandis que certains abonnements ont subi des hausses drastiques. “Les jeunes de moins de 25 ans non étudiants ont vu leur abonnement passer de 187 € à 660 € par an”, déplore le collectif.
À Dunkerque, “les résultats sont spectaculaires”
Pour étayer sa démonstration, le collectif s’appuie sur l’exemple de la Communauté urbaine de Dunkerque (200 000 habitants), l’une des pionnières en France, avec l’instauration de la gratuité totale de ses bus en 2018. Depuis, la fréquentation a quasiment triplé : de 9 millions de voyages en 2017, le réseau DK’bus est passé à plus de 24 millions en 2025. Le 8 avril 2026, il a même enregistré un record historique de 100 000 voyageurs en une seule journée, soit 4 800 voyages supplémentaires par jour par rapport à l’an passé.
Le CGTPAG estime que l’agglomération grenobloise dispose des conditions nécessaires pour franchir le pas. L’aire urbaine compte 5 lignes de tramway et 50 lignes de bus, pour quelque 300 000 voyages quotidiens. Surtout, “la contribution des usagers ne représente en moyenne que 17 % du budget de fonctionnement des transports publics, 83 % du financement étant déjà assuré collectivement”, rappelle le collectif.
Loin d’être isolé, le CGTPAG s’inscrit dans un mouvement national : il est membre de la Coordination nationale des collectifs pour les transports publics gratuits, qui fédère depuis 2016 une douzaine de collectifs locaux à travers la France.