Le poste de pédopsychiatre des urgences pédiatriques du centre hospitalier universitaire (Chu) de Nantes n’est pas pourvu. Depuis 2023, la permanence des urgences médico pédopsychiatriques est assurée par le roulement de trente-huit pédopsychiatres du département. Un effort de solidarité, indiquent les professionnels. Réunis dans un collège, ils dénoncent des conditions d’exercice de la profession dégradées et une baisse de leur rémunération.
« La boule au ventre »
Entre 2022 et 2025, on constate une augmentation de 40 % du nombre de passages, chiffre Thierry Chaltiel, chef de service au CHU de Nantes et membre du collège. Près de quinze patients défilent quotidiennement à la permanence. Le département reste sous-doté, estiment les pédopsychiatres. On arrive aux urgences avec la boule au ventre.
Faute de lits, de jeunes patients sont renvoyés à leur domicile quelques heures après une tentative de suicide. Ou encore près 160 patients de moins de 15 ans, parfois seulement âgés de 8 ou 9 ans, se sont retrouvés hospitalisés en psychiatrie adulte en 2025. Un environnement pas adapté à leurs besoins, voire dangereux, au contact de majeurs désinhibés ou délirants.
On trie. On recourt à la surmédication. On prend des risques médico-légaux. On craque parce que l’on ne peut pas soigner correctement les jeunes qui nous sont confiés, déplorent les pédopsychiatres qui travaillent en parallèle au CHU, à Georges-Daumézon, à Bouguenais, à Epsylan, à Blain et dans les Apsyades. En janvier 2026, la rémunération a évolué. Au niveau national, la nuit a été revalorisée. En revanche, le salaire pour une permanence de jour est passé de 540 € à 200 € ». Sans avertissement.
Le collège des pédopsychiatres demande une clarification auprès du CHU. Ils menacent de faire grève. Voire de claquer définitivement la porte si on ne trouvait de solution digne. Contacté, le centre hospitalier universitaire n’a pas répondu à nos questions.