« Chez moi, les infiltrations proviennent du balcon du dessus, dit cette propriétaire d’un T4. J’ai subi trois dégâts des eaux. Chaque fois, on refait les mêmes interventions…

« Chez moi, les infiltrations proviennent du balcon du dessus, dit cette propriétaire d’un T4. J’ai subi trois dégâts des eaux. Chaque fois, on refait les mêmes interventions, jamais les bonnes, et ça recommence ! Là, les taches reviennent à nouveau dans ma chambre. »

Dans un immeuble voisin, Audrey, locataire, n’en peut plus. « Regardez, c’est magnifique », ironise-t-elle en ouvrant la porte de sa salle de bains. Des traces noirâtres constellent les parois. « Au début, je nettoyais mais c’est peine perdue. La moisissure revient systématiquement. L’odeur est insupportable. La chambre de mon fils est également touchée. Comme il fait de l’asthme, je continue d’enlever les traces dans cette pièce, d’aérer, mais l’humidité persiste. Pourtant, la VMC fonctionne bien. » Malgré ses démarches, elle attend toujours le début d’une réponse concrète.

Flaque d’eau

D’un appartement à l’autre, les témoignages se répètent à quelques variantes près. Locataire d’un duplex dans le bâtiment 5, Cécile se débat avec les infiltrations. « L’autre jour, lorsqu’il pleuvait, j’ai encore eu une flaque d’eau dans le bureau. Voyez ce trou, là, dit-elle, en pointant le plafond. Derrière, c’est la laine de verre. »

Exemple de trou au-dessus d’une fenêtre.

Exemple de trou au-dessus d’une fenêtre.

O. D. / SO

Beaucoup font le constat d’une dégradation nette depuis la réalisation par Domofrance de travaux d’isolation par l’extérieur. Le bailleur social dispose d’un parc de 70 logements en gestion locative. Les autres biens, près d’une cinquantaine, appartiennent à des propriétaires privés. L’ensemble de la résidence a été traité sur le plan énergétique.

Les premiers temps, chaque foyer avait tendance à agir de son côté : interpellations du gestionnaire de Domofrance, échanges de mails, lettres recommandées, mobilisation des assurances, expertises… Dans quelques cas individuels, cela a donné lieu à des réparations via l’assurance dommages-ouvrage. Mais avec un effet de courte durée, les désordres finissant par réapparaître.

Gouttières

Jessica Lavocat pointe l’inertie et le manque de suivi de Domofrance. « La mise en œuvre des gouttières après la pose d’ITE [isolation thermique par l’extérieur, NDLR] ne correspond plus au bon fonctionnement de l’écoulement des eaux pluviales. Il a été constaté que l’épaisseur du matériau d’isolation ne permet plus le bon débord des tuiles à l’égout. Ce n’est pas moi qui le dis, mais un mail de juin 2025 adressé par Agate, le syndic social de Domofrance », souligne-t-elle. « Lorsqu’il pleut, l’eau glisse le long des murs des bâtiments et tombe au pied des appartements de rez-de-chaussée. Les façades verdissent de plus en plus », ajoute-t-elle.

À l’extérieur, les murs sur lesquels glissent les eaux pluviales verdissent rapidement.

À l’extérieur, les murs sur lesquels glissent les eaux pluviales verdissent rapidement.

O. D. / SO

« J’ai subi trois dégâts des eaux. Chaque fois, on refait les mêmes interventions, jamais les bonnes, et ça recommence ! »

Ces dernières semaines, Jessica Lavocat a pris le taureau par les cornes. Dressant l’inventaire des problèmes rencontrés aux Mosaïques (infiltrations, volets cassés, fenêtres défectueuses…), elle a transmis un dossier commun aux services de Bordeaux Métropole pour témoigner de l’insalubrité de certains logements. Depuis, des visites d’inspection ont eu lieu. Également alertée, la Ville du Bouscat a reçu la semaine dernière des représentants du bailleur pour faire le point de la situation. « On a l’impression que ça commence à bouger », admet la résidente.

La résidence Les Mosaïques est située proche du centre, des transports et des écoles.

La résidence Les Mosaïques est située proche du centre, des transports et des écoles.

O. D. / SO

“Changer de braquet”

Joint au téléphone, Éric Mangiarotta, directeur qualité de service et proximité chez Domofrance, ne cherche pas à mettre la poussière sous le tapis : « Il s’agit de reconnaître que des choses ne vont pas. Il faut qu’on change de braquet, et on va le faire pour obtenir une issue rapide. Jusqu’à présent, nous étions dans une approche unitaire, logement par logement. Nous allons engager une procédure de dommages-ouvrage globale, afin de régler le problème à l’échelle de l’ensemble des résidents », explique-t-il.