Dans une note confidentielle de la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) que nos confrères de France Info avaient pu consulter en 2024, il apparaissait, statistiques à l’appui, qu’en France, tuer par arme blanche est le mode opératoire le plus fréquent.

Plus édifiant encore, selon le document consulté, les homicides par arme blanche sont principalement commis dans un contexte d’altercation entre connaissances. Viennent ensuite ceux qui se produisent dans la sphère familiale (35 %) et plus spécifiquement dans le couple (22 %). Par ailleurs, depuis 2019, la totalité des actes terroristes ont été commis à l’aide d’une arme blanche et 58 % des homicides liés aux rivalités entre bandes. Près de quatre homicides par arme blanche sur dix se produisent sur la voie publique.

Dans la moitié des cas la victime décède avant l’intervention des secours

Concernant le profil des victimes, elles sont plutôt jeunes (38 ans en moyenne) et sont connues des services de police dans 46 % des cas. Dans la plupart des cas, les victimes reçoivent plusieurs coups de couteau et dans la moitié des cas, la victime décède avant l’intervention des secours.

Les mis en cause pour homicide par arme blanche sont de leur côté majoritairement des hommes (87 % des cas) plutôt jeunes (33 ans en moyenne). La moitié d’entre eux sont sans emploi, un tiers est sous l’emprise de l’alcool et 63 % sont connus de la justice. Ce type d’homicide est plus souvent commis dans des milieux sociaux plutôt défavorisés et marqués par des inégalités sociales.

La note précise également que les auteurs sont plus souvent de nationalité étrangère que ceux qui ont eu recours à un autre procédé pour tuer (27 % contre 13 %) et que lorsque le mis en cause pour homicide par arme blanche est étranger, la victime est également de nationalité étrangère dans 65 % des cas.

Des amendes contre les lames

Depuis 2024, la justice expérimente, dans les ressorts d’une douzaine de tribunaux judiciaires, dont celui de Marseille, l’amende forfaitaire pour sanctionner le port d’arme de catégorie D, soit les armes blanches : 500 euros d’amende (ou 400 euros si le contrevenant paie tout de suite), ainsi que la saisie et la destruction de l’arme.

En juin 2025, le ministère de l’Intérieur observait de « premiers retours d’expérience démontrant que sont verbalisées des personnes errant en centres urbains à proximité des gares ». Les efforts de sanctuarisation autour de la gare Saint-Charles, Belsunce ou Noailles se poursuivent…