
Gilles Strappazzon, Catherine Troton, Florent Cholas et Gildas Bouffaud, quatre des six élus fondateurs d’AGATES, ont présenté le nouveau groupe métropolitain, lundi 11 mai, à Vizille.
Des conseillers métropolitains, issus notamment des groupes UMA, ACTES et NMC, ont annoncé ce lundi 11 mai la création du groupe « Alliance de gauche des territoires pour l’écologie et les solidarités ». Réunissant les maires de Vizille, Champagnier, Saint-Barthélemy-de-Séchilienne, Le Sappey-en-Chartreuse, La Tronche et Gières, AGATES entend porter la parole des petites communes, à la Métropole de Grenoble, tout en assumant un positionnement de gauche.
Le nom, AGATES — pour « Alliance de gauche des territoires pour l’écologie et les solidarités » -, a été choisi le jour même, précisent les quatre élus attablés ce lundi 11 mai dans un café du centre de Vizille. Son lancement, en revanche, est le fruit de longues et multiples discussions. « Cela fait quelques mois qu’on réfléchit à la création d’un groupe des petites communes plutôt axées à gauche », indique Florent Cholat, maire de Champagnier. À ses côtés, Catherine Troton, Gilles Strappazzon et Gildas Bouffaud, maires respectifs de Vizille, Saint-Barthélémy-de-Séchilienne et Le Sappey-en-Chartreuse, opinent.
Gilles Strappazzon, Bertrand Spindler, Gildas Bouffaud, Catherine Troton, Mickaël Guiheneuf et Florent Cholas, les six maires fondateurs du groupe métropolitain AGATES (Alliance de gauche des territoires pour l’écologie et les solidarités).
Le quatuor fait partie, avec l’édile de La Tronche, Bertrand Spindler, et son homologe de Gières, Mickaël Guiheneuf, des six fondateurs du nouveau groupe à la Métropole de Grenoble. Certains sont issus des groupes UMA (écologistes, insoumis…), NMC (petites communes) ou ACTES (socialistes et divers gauche), d’autres viennent d’intégrer le conseil métropolitain. Leur point commun ? Administrer des petites ou moyennes communes et « porter des valeurs de gauche ».
« Mettre du liant, rétablir la confiance »
Si la naissance d’AGATES s’est avérée nécessaire et opportune, c’est en raison de la configuration offerte par l’exécutif métropolitain depuis le 30 avril. À savoir l’élection à la présidence de Guillaume Lissy, maire PS de Seyssinet-Pariset, à la tête d’une majorité plurielle comprenant des vice-président·e·s de gauche… et de droite. « On n’a pas créé ce groupe par opposition à qui que ce soit, explique Catherine Troton. C’est au contraire un groupe qui doit faire la liaison entre NMC et les différents partis de gauche. »
« Mettre du liant, rétablir la confiance »… Les mots employés par la maire de Vizille traduisent le fort besoin ressenti par les six élus après « les moments douloureux vécus au sein de la Métropole ». Une allusion à l’interminable conseil métropolitain du 23 avril, marqué par l’élection avortée à la suite du malaise de Guillaume Lissy. Cette première séance d’installation avait en effet laissé apparaître deux blocs distincts. « D’un côté, une vision d’une gouvernance à gauche ; de l’autre, une vision de gouvernance plus territoriale, plus ouverte », rappelle Florent Cholat. En résumé, « une opposition gauche-territoriale dont on ne veut pas », ajoute-t-il.
« On assume de porter des politiques publiques de gauche »
Néanmoins, lancer le groupe il y a deux semaines, à un moment où « les tensions étaient cristallisées autour de la question de la présidence, de la mise en place de l’exécutif métropolitain », aurait été vu comme une provocation, voire « une agression », estiment-ils, unanimes. Aujourd’hui, le contexte est différent. L’intérêt d’avoir un tel groupe à la Métropole, c’est « d’être certain que l’intérêt des petites communes ne puisse pas être dilué », confie le maire écologiste de Champagnier.
Guillaume Lissy, nouveau président de Grenoble Alpes Métropole après son élection, le 30 avril.
Cet objectif va de pair avec « une vraie volonté de travailler en complémentarité avec l’ensemble des autres groupes, particulièrement les groupes de gauche », affirme Gilles Strappazzon. Car, contrairement à d’autres élus de petites communes, officiellement sans étiquette mais penchant concrètement vers la droite, les membres du groupe AGATES, eux, ne cachent pas leur positionnement. « On assume clairement de porter des politiques publiques de gauche », souligne Florent Cholat. Ce qui n’est « pas incompatible », selon lui, avec le fait de travailler ponctuellement avec des maires d’autres sensibilités.
« Tourner la page de l’affrontement »
Les six édiles entendent par ailleurs « reconnaître la place de Grenoble et des grandes communes ». De fait, leurs habitants vont « consommer, travailler, apprendre, se distraire » à Grenoble, soulignent-ils. Et « les métropoles n’existent pas sans les centres urbains ». D’où la volonté affichée de « tourner la page de l’affrontement » entre la ville de Grenoble et l’exécutif métropolitain, qui a émaillé le dernier mandat. « C’est nécessaire parce qu’on ne peut pas vivre en s’affrontant au sein de la métropole, en luttant contre la grosse ville », assène Catherine Troton.
Gilles Strappazzon salue ainsi « le sens des responsabilités de Laurence Ruffin, qui a accepté de jouer le jeu » en devenant première vice-présidente, tout comme Raphaël Guerrero. « Un binôme composé d’un élu d’une petite commune et de la maire de la ville-centre, ça nous paraît de bon augure pour la suite. C’est ça, la coopération », abonde Gildas Bouffaud.
Les élus d’AGATES espèrent travailler en confiance à la fois avec Guillaume Lissy et Laurence Ruffin, première vice-présidente comme Raphaël Guerrero.
Quid de la suite, ces prochaines semaines ? Le groupe AGATES se dit ouvert aux autres conseillers métropolitains partageant ses valeurs, notamment « les élus NMC qui se considèrent de gauche ». Et il espère « exister » dans les négociations à venir, concernant les conseillers délégués ainsi que les désignations dans les commissions. Mais Gilles Strappazzon tient à éviter toute ambigüité : « On ne le fait pas par opportunisme, on le fait par conviction. »