Autour de cette question, les dirigeants du Bacchus Business Club se sont réunis au siège de CEVA Santé Animale, à l’occasion d’une soirée organisée avec le soutien du Club des ETI de Nouvelle-Aquitaine.

Pour cette rencontre : le nouveau campus de CEVA, inauguré il y a un an à Libourne. Il symbolise la transformation du groupe devenu en 25 ans l’un des leaders mondiaux de la santé animale.

En ouverture, Marc Prikazsky, Président Exécutif de CEVA Santé Animale, est revenu sur cette trajectoire construite autour d’un principe central : conserver le contrôle stratégiqu emalgré l’entrée successive d’investisseurs financiers.

« Nous organisons notre gouvernance pour ne jamais subir notre capital. » Le dirigeant a également insisté sur le rôle croissant de la santé animale dans les enjeux de santé publique. « 70 % des nouvelles infections humaines proviennent du monde animal. La prévention passera de plus en plus par la santé animale. »

Actionnariat salarié : la gouvernance comme projet collectif

Première vision présentée lors de la table ronde : celle de l’actionnariat salarié. La vision de l’actionnariat salarié a été portée par Nicolas Fillon, directeur général de De Sangosse, dont plusieurs centaines de salariés détiennent une majorité du capital. Un modèle historiquement construit autour de l’engagement collectif, mais qui repose aussi sur une forte discipline économique. « Si l’entreprise ne crée pas de valeur, le système s’arrête. » Le dirigeant a rappelé que ce type d’organisation impose une séparation stricte entre les rôles de salarié et d’actionnaire afin de préserver la qualité de la décision. Autre enseignement partagé : contrairement aux idées reçues, les périodes de tension peuvent renforcer ce type de gouvernance lorsque le cap stratégique reste clair. « Ce qui fragilise une organisation, ce n’est pas la crise. C’est l’absence de cap. »

Entreprise familiale : rapidité de décision et clarté des rôles

Face à ce modèle collectif, Jean-Baptiste Micouleau, Président-directeur général de Dal’Alu Groupe Aramis, a présenté une approche familiale de la gouvernance.

Dans son organisation, le conseil de surveillance définit les grandes orientations stratégiques tandis que le directoire pilote l’exécution opérationnelle. Une séparation pensée pour maintenir la fluidité des décisions dans une entreprise détenue majoritairement par la famille fondatrice. « Une entreprise familiale peut aller très vite à condition que les rôles soient clarifiés très tôt. » Le sujet de la transmission a également occupé une place importante dans les échanges. Pour Jean-Baptiste Micouleau, certaines décisions doivent être tranchées en amont afin d’éviter les situations de blocage qui freinent ensuite le développement.

CEVA Santé animale : un modèle hybride construit pour préserver l’indépendance

Marc Prikazsky a enfin détaillé le modèle hybride développé par CEVA Santé Animale au fil de plusieurs opérations financières successives. Le groupe combine présence d’investisseurs, actionnariat salarié et contrôle managérial afin de maintenir une gouvernance stable malgré sa croissance internationale. Cette organisation a récemment évolué avec la séparation des fonctions de Président Exécutif de Marc Prikazsky et de Directeur Général occupées désormais par Sébastien Huron. Une évolution pensée pour distinguer plus clairement la vision stratégique long terme du pilotage opérationnel quotidien. Au fil des échanges, un constat s’est imposé : il n’existe pas de modèle universel de gouvernance. Mais dans chacun des cas présentés, la performance repose sur le même principe : l’alignement entre capital, vision stratégique et capacité d’exécution.

La soirée s’est conclue autour des vins de Castillon – Côtes de Bordeaux, présentés par Stéphane Derenoncourt et Thierry Valette. Tous deux ont défendu une approche centrée sur le terroir et l’identité du vin, probablement à l’image des enjeux de l’entreprise ?