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Ce dimanche 10 mai, la grêle dans le Gers a ravagé en dix minutes des hectares de vignes et de cultures. Jusqu’à 80 % de pertes pourraient être recensées sur l’une des parcelles du domaine de la Tuilerie, à Roquelaure. Rencontre avec Maxime, jeune viticulteur désabusé.

Il n’aura fallu qu’une dizaine de minutes pour anéantir des cultures entières. Ce dimanche 10 mai, de violents orages accompagnés d’importantes chutes de grêle ont frappé le département du Gers en fin de journée, provoquant d’importants dégâts sur de nombreuses exploitations agricoles. Au domaine de la Tuilerie, à Roquelaure, Maxime Pellefigue ne cache pas son désarroi face à l’ampleur des dégâts causés sur ses vignes.

« Il n’y a plus rien. Chaque grappe a été détruite. Ici, pour moi, c’est quasiment 100 %. Tout est cassé », explique le jeune viticulteur, installé depuis huit ans à la tête d’une exploitation comprenant 12,5 hectares de vignes et 160 hectares de grandes cultures. Impuissant, il n’a pu que constater les conséquences du passage de la grêle sur son exploitation.

Sur cette parcelle, les vignes ont été durement impactées par la grêle.

Sur cette parcelle, les vignes ont été durement impactées par la grêle.
DDM – SD

Pourtant, quelques minutes auparavant, l’exploitant pensait encore être épargné par l’orage. « J’habite juste là-haut et, chez moi, il n’y avait que de la pluie. La grêle a vraiment suivi ce couloir dans la vallée. Ça a duré moins de dix minutes, mais avec une intensité incroyable. Au début, ce n’était que de la grêle, puis un peu de pluie est arrivée ensuite. »

De 70 à 10 hectolitres à l’hectare

L’épisode orageux a durement touché plusieurs secteurs du département, notamment au nord d’Auch, sur l’axe de Castéra-Verduzan, ainsi qu’autour de Vic-Fezensac. Dans les vignes de Maxime Pellefigue, les conséquences pourraient s’étendre bien au-delà de cette année. « On est passé d’une vigne qui pouvait produire 70 hectolitres à l’hectare à peut-être 10… Voire rien du tout. Le peu de bois qui reste est abîmé. Maintenant, la question, c’est de savoir si cela tiendra pour la récolte de l’année prochaine. »

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Le viticulteur envisage déjà de devoir retailler certaines parcelles pour préserver les prochaines saisons. Mais cette solution représente un coût supplémentaire et une importante charge de travail. « Si on retaille, ce n’est pas pour sauver cette année, c’est pour essayer de sauver la prochaine. Mais cela demande du temps et de l’argent, alors qu’on a déjà énormément à faire sur l’exploitation. »

Une résilience difficile

Au-delà des dégâts immédiats, l’agriculteur décrit une situation économique de plus en plus difficile pour la filière viticole. « On essaie déjà de faire des économies partout où l’on peut. On réduit les dépenses au maximum, mais on ne peut pas faire plus. Et en parallèle, la consommation de vin baisse, les ventes deviennent compliquées. »

Quelques hectares de grandes cultures ont également été impactés.

Quelques hectares de grandes cultures ont également été impactés.
DDM – SD

Découragé, il évoque une nouvelle année de travail compromise. « Quand on se promène dans les vignes après un épisode comme celui-là, on se dit encore une année foutue. Le plus dur, c’est qu’il faudra continuer à travailler la vigne comme si on allait récolter : traiter, entretenir, investir… Alors qu’il n’y aura peut-être aucune récolte derrière. »

Malgré tout, le viticulteur tente de garder espoir face à la répétition des aléas climatiques. « Chaque année, il faut faire preuve de résilience. On venait à peine de passer le risque de gel et, une semaine après, c’est la grêle qui détruit 80 % de la récolte. » Ce lundi en tout cas, le préfet du Gers, Alain Castanier, a tenu à s’y rendre afin de constater les dégâts, aux côtés de Michel Baylac, maire de Roquelaure et 4e vice-président du Grand Auch (développement et aménagement du territoire).

De son côté, la Chambre d’agriculture du Gers a également réagi dans un communiqué de presse. « Quasiment 20 000 hectares ravagés par la grêle en ce 10 mai. Nous demandons à Mme Annie Genevard, ministre en charge de l’Agriculture, dès aujourd’hui de débloquer un fonds d’urgence nécessaire à la survie des agriculteurs qui exploitent ces 20 000 hectares. Par ailleurs, nous demandons pour toute cette zone, une année blanche au niveau des cotisations MSA et une exonération de la taxe foncière sur le non-bâti. »