Il avait été retrouvé grâce à sa chaîne YouTube et est jugé plus de dix ans après les faits. Un sans-abri de 42 ans comparaît depuis ce lundi devant la cour d’assises du Bas-Rhin pour le meurtre d’une prostituée. Le corps en décomposition de la jeune Bulgare avait été découvert en juin 2013 dans une tente à Strasbourg. Ses poignets étaient liés et un lien enserrait son cou. Selon le médecin légiste, elle est décédée par asphyxie en quelques secondes. Une pièce d’identité au nom de Petya Nedeva, 18 ans, avait été retrouvée, ainsi que des affaires appartenant à Ludovic Burger, un homme connu pour différents délits.

Ce dernier n’avait plus donné de nouvelles à ses proches depuis février 2013 et, malgré un mandat d’arrêt lancé en février 2014, il est resté introuvable durant plusieurs années. Un non-lieu avait été prononcé en 2019, faute d’éléments suffisants. Ludovic Burger est réapparu en France en janvier 2022 et a été interpellé à Nice pour des insultes à caractère homophobe et des menaces de mort.

En fuite vers l’Italie

Une nouvelle enquête a alors été ouverte en Alsace et le profil génétique du sans-abri a été retrouvé dans la tente. En janvier 2024, une information judiciaire a été confiée à un juge d’instruction qui a délivré un mandat d’arrêt. Le mois suivant, la police le localise grâce à des vidéos qu’il poste sur YouTube, dans lesquelles il donne des conseils pour vivre de manière marginale.

Mis en examen pour meurtre, il a expliqué aux enquêteurs que, dans la nuit du 26 au 27 février 2013, il avait proposé à Petya Nedeva une relation sadomasochiste tarifée et l’avait emmenée dans sa tente. Puis sous l’emprise d’alcool et de drogue, il aurait perdu connaissance et à son réveil, l’aurait découverte morte. Paniqué, il indiquait avoir fui en Italie.

Une « absence de moralité et d’empathie »

Lors de l’audience, cet homme à la mâchoire tremblante en raison d’un lourd traitement médicamenteux a évoqué son enfance chaotique, entre une mère décrite comme violente, un père alcoolique puis plusieurs années en foyer où il dit avoir subi une agression sexuelle.

Lui qui se définit comme « marginal » a raconté avoir débuté la prostitution homosexuelle à 18 ans pour « l’argent facile », qui finançait son importante consommation d’alcool et de drogues, des addictions développées dès l’adolescence. L’expert psychiatre qui l’a examiné a évoqué « une froideur émotionnelle », une « absence de moralité et d’empathie » et une « sexualité déviante, perverse ».

Le procès doit s’achever mercredi, l’accusé encourt une peine de trente ans de réclusion criminelle.