Par

Camille Lalande

Publié le

11 mai 2026 à 16h32

Depuis l’Antiquité, la Garonne est le terrain de jeu pour les Bordelais. Pourtant, ses usages se sont multipliés au fils des siècles. 

D’abord, c’est au 17e siècle que la baignade devient une question de santé publique. Dans une ville bâtie sur des marais, l’eau est vue comme un remède : elle « lave, soigne, fortifie et délasse », comme le détaille Jean-Cyril Lopez, commissaire de l’exposition Bordeaux-les-Bains.

Cette pratique des bains reste un moyen efficace de rester en bonne santé. D’autant plus que la France est plongée à cette époque dans une ère hygiéniste sous l’impulsion de Louis XIV, qui déclare la propreté d’utilité publique.

Les Bains de la Bastide quai Deschamps,
Les Bains de la Bastide quai Deschamps à Bordeaux. (©Archives Bordeaux Métropole, Bordeaux Fi IX R 98)

De ce fait, la baignade en « eau vive » est la norme pour la majorité de la population qui ne peut s’offrir de cures. Mais face aux  « scènes indécentes » et aux noyades, les autorités interdisent la baignade entre l’estey Majou et Bacalan. Elles désignent ainsi des cales spécifiques pour les hommes et d’autres pour les femmes, orientant les nageurs vers les Queyries, où le courant est plus faible. 

Deux bassins en eau vive réputés

Pour répondre au besoin de fraîcheur tout en encadrant la pratique, Bordeaux voit fleurir des structures flottantes innovantes.

Inspirés du modèle parisien, Pierre Poncet Fils et Pierre Poitevin lancent le 20 août 1763 les « Bains publics du Chapeau Rouge », amarrés place Richelieu. Ce privilège marque le début des établissements mobiles, remisés l’hiver et sortis d’avril à septembre. Ils sont agrandis et modifiés en 1778.

Aussi, un de ses bassins est spécifiquement dédié à l’apprentissage de la nage, comme celui que finance le bien nommé Sieur Rivière en 1822. L’objectifs : prévenir les maladies et lutter contre les noyades par l’apprentissage de la natation en eau vive.

Au fil des décennies, l’établissement se déplace le long des quais bordelais et se modernise considérablement sous l’impulsion de nouveaux propriétaires en 1859. Grâce à l’installation de machines à vapeur et de cabinets chauffés, le site devient un complexe de soins et d’hydrothérapie haut de gamme ouvert toute l’année.

Se baigner dans la Garonne en 2026, c’est possible ? 

Malgré la mise en place d’une police et d’un service de sauvetage dans les années 1860, on compte alors plus d’une centaine de morts par an.

Après la destruction des grands établissements et l’interdiction préfectorale de baignade actée en 1976 pour des raisons de sécurité, l’ancien maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, a exprimé sa volonté de rendre de nouveau accessible la Garonne aux baigneurs. Cependant, avec l’arrivée du nouveau maire Thomas Cazenave, le sujet reste en suspend. 

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