Le nouveau maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, le 1er avril 2026 à Paris ( Anna KURTH / AFP/Archives )
Agir sur un millier de « points noirs », un « droit au beau » dans tous les quartiers, des travaux « mieux coordonnés »… Le nouveau maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a dévoilé lundi son projet pour l’espace public, vu par l’opposition comme un simple « recyclage » d’anciennes mesures.
« Les Parisiens veulent une ville mieux tenue, plus propre, plus sûre et agréable à vivre au quotidien », a estimé lors d’une conférence de presse le successeur et ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo, qui dit « partager » parfois leur « mécontentement ».
La ville s’engage à agir en priorité sur un millier de « points noirs » où l’espace public se dégrade: des lieux de dépôts sauvages, des zones de gares, des lieux « d’ultrafréquentation touristique » comme le Champ-de-Mars, les quartiers de Château-Rouge et Barbès, a-t-il détaillé dans un entretien au Figaro.
« Nous disposons d’une cartographie de ces points noirs qui nous donne une approche de granularité à la rue. C’est de l’ultra-local », a expliqué Emmanuel Grégoire, qui souhaite une « coopération renforcée » avec les maires d’arrondissements.
L’édile socialiste souhaite poursuivre les transformations engagées par Anne Hidalgo, notamment en matière d’adaptation au changement climatique, mais avec une « exigence renforcée sur la qualité de l’exécution et l’entretien ».
« Les travaux devront être mieux coordonnés pour en limiter les nuisances », assure-t-il, avec des « cheminements clairs et sûrs pendant toute la durée des chantiers » et une « meilleure information » des riverains et commerçants.
Il promet aussi de lutter contre les « incivilités du quotidien », les ventes à la sauvette ou encore les terrasses non conformes.
Piétons « prioritaires »
Le maire, qui souhaite « protéger patrimonialement » Paris, annonce aussi un « plan pour un +droit au beau+ dans tous les quartiers ». Avec « une attention accrue aux façades, aux sols, au mobilier historique, aux ponts, notamment le Pont des Arts », mais aussi au « patrimoine ordinaire » qui fait « l’identité de Paris ».
Une « déléguée générale au design et à l’esthétique », chargée de décliner ce plan, présentera un nouvel opus du « manifeste de la beauté » de Paris.
Emmanuel Grégoire veut faire de la sécurité du piéton sa « première priorité », avant les cyclistes, « avec l’objectif zéro mort, zéro blessé ». Il sera mis « fin aux pistes cyclables sur les trottoirs », dit-il.
Une brigade spécialisée de la police municipale contre les violences motorisées verra aussi le jour car « ce qui tue à Paris, ce sont les véhicules motorisés », a-t-il souligné.
Assurant que son « mantra n’est pas d’être contre la voiture », il veut porter à 25% la part de places de stationnement spécialisées en surface pour les personnes à mobilité réduite, les livraisons, les artisans…
Et diminuer « massivement » le trafic des cars de tourisme, pour « tendre vers leur interdiction totale dans Paris intra-muros ».
Le maire s’engage aussi à créer 87 « coeurs piétons », ainsi qu’une promenade continue de 25 km sur les berges de Seine.
Outre le déploiement de 15 lignes de bus express, il souhaite une « révision complète des parcours de bus » dont la vitesse moyenne a chuté, se disant disponible pour travailler « main dans la main » avec la présidente de Région Valérie Pécresse (LR).
Les grandes lignes du plan seront présentées au premier Conseil de Paris ordinaire la semaine prochaine.
« Rien de nouveau »
Sans avancer de budget, il a dit vouloir veiller à la « sobriété », en restant dans l’étiage des enveloppes consacrées aux politiques de l’espace public de la ville, de l’ordre de 3,3 à 3,5 milliards d’euros.
« Sans ligne budgétaire il ne se passera rien », a réagi auprès de l’AFP l’élu « Verts populaires » Emile Meunier, du groupe de l’Insoumise Sophia Chikirou.
Pour cet ancien élu de la majorité, « cette communication ressemble surtout à un catalogue de bonnes intentions qui recycle des orientations déjà votées, présentées ou engagées sous la précédente mandature ».
« Il n’y a pas grand chose de nouveau », tacle aussi Grégory Canal, coprésident avec Rachida Dati du premier groupe d’opposition, qui voit dans la nomination d’une déléguée à l’esthétique « un aveu que Paris s’est enlaidie sous la précédente mandature ».
« Ce qui est inquiétant, c’est que Grégoire veut nous faire croire que ce plan se fera à budget constant », a ajouté l’élu de droite.
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