Le puissant syndicat allemand IG Metall ne s’oppose pas à ce que Volkswagen ouvre potentiellement ses usines sous-utilisées aux constructeurs automobiles chinois, mais estime qu’une telle décision doit être évaluée avec la plus grande rigueur, a déclaré lundi un porte-parole du syndicat à Reuters.
‘Nous ne rejetons pas d’emblée de telles idées. Chaque cas spécifique doit être soigneusement examiné’, a précisé le porte-parole.
‘Toutefois, il est crucial que ces initiatives complètent la stratégie industrielle indépendante de Volkswagen au lieu de s’y substituer, et elles ne doivent en aucun cas remplacer les investissements et les projets de véhicules prévus’, a-t-il ajouté.
Le Président du Directoire de Volkswagen, Oliver Blume, s’efforce de réduire davantage les coûts au sein du tentaculaire groupe automobile allemand, les partenariats avec la Chine apparaissant comme une option pour éviter les fermetures de sites en sous-capacité en Europe.
ZWICKAU POURRAIT ÊTRE CANDIDATE À UN ACCORD AVEC LA CHINE
Les responsables politiques locaux se sont également montrés ouverts à de tels partenariats, alors que l’industrie allemande est aux prises avec une demande atone et des coûts élevés, tandis que des acteurs chinois tels que BYD et Geely cherchent à se développer en Europe.
Le ministre de l’Economie de l’Etat de Saxe, Dirk Panter, a déclaré lundi dans une interview accordée à un journal que l’usine Volkswagen de Zwickau, dans l’est de l’Allemagne, pourrait être candidate à une collaboration chinoise.
‘Il vaut mieux développer davantage l’expertise industrielle de VW en Saxe et sécuriser la production que de mener un combat perdu d’avance et de voir la création de valeur s’évaporer’, a déclaré M. Panter, membre du SPD (centre-gauche), au journal Bild.
‘Nous devons vivre avec notre temps’, a-t-il affirmé, qualifiant la Chine d »opportunité pour Zwickau’.
Volkswagen s’est refusé à tout commentaire sur ces déclarations.
Dans le cadre d’un accord durement négocié avec les syndicats fin 2024, Volkswagen a accepté de supprimer 35’000 postes en Allemagne tout en garantissant l’absence de fermeture d’usines dans le pays.
M. Blume s’est depuis engagé à intensifier les réductions de coûts, après que le résultat opérationnel du groupe a chuté de plus de moitié l’an dernier, sous l’effet des droits de douane, de la concurrence chinoise et du coup d’arrêt de la transition vers l’électrique chez Porsche, la filiale de voitures de sport, qui a pesé sur les marges.
Un porte-parole du ministère de l’Economie de Saxe a précisé que M. Panter souhaitait tirer parti des coentreprises existantes de Volkswagen en Chine, par exemple son partenariat avec le constructeur public SAIC.
Zwickau, la première usine de Volkswagen à avoir achevé sa transition vers une production 100% électrique, employait environ 8’000 personnes à la fin de l’année dernière.
Le site tourne actuellement en capacité partielle, selon le porte-parole du ministère. Conformément à l’accord de 2024 de Volkswagen, la production devrait y être encore réduite au cours des prochaines années.