L’arrivée de la nouvelle directrice des achats au CHU de Lille, Frédérique Caresmel, en août 2022 a accéléré la réflexion sur l’achat durable, accentué par la loi Industrie verte d’octobre 2023 visant à promouvoir la réindustrialisation du pays tout en accélérant la transition écologique. Cette loi impose l’élaboration d’un SPASER à tous les acheteurs soumis au code de la commande publique, dont le volume d’achat dépasse les 50 millions d’euros annuels.
« Lorsque nous avons débuté la réflexion pour notre SPASER, notre objectif a été de faire participer le plus d’acteurs concernés possible, à savoir la direction, les acheteurs, les établissements parties du GHT ou encore des experts métiers », indique Marie Oléon, responsable marché pour le GHT. Pour élaborer ce document collégial, des ateliers ont été organisés entre fin 2024 et début 2025, faisant ressortir quatre axes : économique, social, environnemental et gouvernance, ce dernier n’étant pas imposé par la loi.
La structuration de la démarche
En déclinant un axe « gouvernance » au sein du SPASER, l’objectif de l’équipe est de consacrer un pan de l’activité à structurer et soutenir la démarche. « Pour faire du SPASER un document opérationnel, nous avons voulu que l’un des axes coordonne les autres afin, notamment de challenger les équipes », indique Marine Reniau, chargée de mission méthodologie, communication, RSE à la direction des achats du GHT.
Cet axe gouvernance est organisé autour de quatre sous-axes à commencer par la « mobilisation » avec l’idée de sensibiliser les acteurs à l’acte d’achat. Dans ce cadre, « l’équipe achat du GHT a été formée aux achats responsables, et nous allons également déployer la Fresque des achats publics durables », rapporte Marine Reniau. « La mise en œuvre des achats responsables implique la rencontre entre les acteurs du terrain et les acheteurs, « afin que chacun soit sensibilisé aux enjeux des uns et des autres », complète Marie Oléon. Les groupes de travail vont donc se poursuivre dans ce cadre.
RFAR et THQSE
Le deuxième objectif repose sur le suivi et le pilotage du SPASER avec l’élaboration d’un certain nombre d’indicateurs. « Pour l’axe environnemental par exemple, nous avons acté dans le SPASER l’objectif qu’entre 90 et 100 % de nos marchés comprennent des considérations environnementales », fait savoir Marine Reniau, précisant qu’il s’agit d’un objectif à atteindre sur l’année. « Nous entendons suivre la partie qualitative des indicateurs, faire de la mesure d’impact sur les clauses et les critères de nos marchés, et analyser les conséquences sur nos achats », ajoute-t-elle.
Tous les mois, les indicateurs sont donc partagés aux équipes et, une fois par an, à l’échelle des instances du GHT avec les chefs d’établissement. Enfin, le dernier objectif consiste à s’engager dans différentes procédures, dont la signature de la charte Relations fournisseurs et achats responsables (RFAR) ou encore à accompagner, sur la partie achats les établissements membres du GHT dans leur démarche de labellisation Très haute qualité sociale et environnementale (THQSE).
Durée de quatre ans
La réalisation des différents objectifs prévus dans le cadre du SPASER est en partie dépendante des fournisseurs du GHT. Tous les acteurs ne sont pas prêts ou en capacité d’intégrer des considérations environnementales, voire à fournir des éléments concernant leur empreinte carbone par exemple. La publication du SPASER peut représenter une forme de motivation.
« Nous informons nos fournisseurs que nous avons des comptes à rendre, ce qui aide à influencer leur comportement et leur engagement », indique Marine Reniau, précisant que l’équipe peut mettre en place des plans de progrès pour ainsi obtenir des données. Car l’accès à ces informations influence l’attribution des marchés.
Cet engagement conduit à une réorganisation du travail des acheteurs, qui se doivent d’anticiper les achats, d’élargir leur sourcing de fournisseurs afin d’intégrer davantage d’acteurs engagés dans le développement durable et d’évaluer la maturité des secteurs concernés. Le SPASER du GHT des Hôpitaux publics Grand Lille a été élaboré pour une durée de quatre ans avec une évaluation intermédiaire prévue en 2028, puis finale en 2029, afin d’élaborer une nouvelle version pour les années suivantes.