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Rédaction Paris
Publié le
12 mai 2026 à 6h06
Des urnes à la correctionnelle. Ce mardi 12 mai 2026 s’ouvre devant le tribunal de Paris le procès de l’ancienne candidate insoumise aux municipales Sophia Chikirou. Elle est jugée pour escroquerie, soupçonnée d’avoir voulu tromper la banque Crédit du Nord en 2018. La prévenue aurait tenté de se faire remettre 67 000 euros en faisant croire qu’elle était encore à la tête du Média, qu’elle a cofondé. On lui reproche également d’avoir tenté de soustraire « deux formules de chèques » appartenant au site d’actualité français de ligne éditoriale de gauche radicale.
« Il n’y a eu ni vol de chèque, ni tentative d’escroquerie »
« Ce procès est à la fois incompréhensible, puisqu’il intervient dans une affaire où il n’y a ni victime, ni préjudice, ni même de réalité frauduleuse établie, et l’occasion, je l’espère, de mettre un terme à huit années de harcèlement judiciaire et médiatique », a affirmé la députée insoumise et conseillère de Paris dans une déclaration à l’AFP. « L’audience permettra de démontrer sereinement qu’il n’y a eu ni vol de chèque, ni tentative d’escroquerie à la banque », a-t-elle ajouté.
Selon l’accusation, l’enquête a mis au jour « un commencement d’exécution » : Sophia Chikirou est accusée de s’être présentée comme présidente de la société Le Média, alors qu’elle « n’avait plus cette qualité », et d’avoir demandé un virement, finalement non abouti, car il n’y avait pas suffisamment d’argent sur le compte. Le chargé de compte s’était par ailleurs « méfié » au regard « des circonstances particulières de l’opération » et du fait que la « nouvelle présidente » du Média avait fait « opposition ».
« Un procès décidé par le ministère public »
La députée de l’est parisien doit également répondre de la « soustraction frauduleuse de deux formules de chèque » du Média. Le dossier renvoie à une période délicate dans la carrière de Sophia Chikirou : son départ du Média s’était déroulé avec un certain fracas, alors que ses méthodes de gestion avaient été mises en cause.
L’annonce début janvier de la tenue de cette audience, soit deux mois et demi avant les municipales, avait provoqué l’ire de l’élue. Elle avait alors dénoncé auprès de l’AFP « un procès décidé par le ministère public », « une affaire éminemment politique » qui « n’a pour but que de salir et gêner (sa) campagne » pour la Mairie de Paris. La candidate avait également évoqué « une histoire datant de 2018 qui relève d’un différend commercial entre deux sociétés ». « Depuis cette date, les deux sociétés ont convenu d’un accord et ont cessé toutes leurs démarches », avait-elle affirmé à l’AFP en janvier.
Mise en examen dans un autre dossier
Députée de Paris depuis 2022, Sophia Chikirou, aujourd’hui âgée de 46 ans, s’est fait connaître en politique en s’occupant de la communication des campagnes présidentielles de Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017. Elle avait commencé la politique à la fin des années 90 au sein du PS, avant de rejoindre le parti Gauche moderne, en soutien à la candidature Sarkozy en 2007, puis le Parti de gauche et Jean-Luc Mélenchon en 2008.
Elle est présentée par plusieurs médias et personnalités politiques comme la compagne à la ville de celui qui s’est déclaré il y a huit jours candidat pour la quatrième reprise à l’Élysée.
La députée de Paris est mise en examen depuis 2024 pour escroquerie aggravée, dans un dossier lié aux comptes de campagne de 2017 de Jean-Luc Mélenchon. Des accusations qu’elle conteste également. La justice soupçonne Mediascop d’avoir surfacturé certaines prestations durant cette campagne au préjudice de l’État, puisque les dépenses sont remboursées au titre du financement public de la vie politique.
avec AFP
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