La tour Perret de Grenoble renaît enfin. Fermé depuis les années 1960, ce fleuron de l’architecture moderne rouvrira au public le 11 juillet 2026, après plusieurs années d’un vaste chantier de restauration conduit par l’architecte du patrimoine François Botton. Une renaissance très attendue pour ce chef-d’œuvre imaginé en 1925 par Auguste Perret (1874–1954), qui est considéré ni plus ni moins comme le premier gratte-ciel en béton armé d’Europe !
Sa silhouette élancée, comme étirée par une anamorphose, semble sortie d’un film de science-fiction. Édifiée à l’occasion de l’Exposition internationale de la houille blanche et du tourisme, cette étonnante tour domine toujours le parc Paul-Mistral du haut de ses 95 mètres. Le projet, soutenu par le maire Paul Mistral, se voulait la vitrine de la modernité industrielle de Grenoble, née de l’essor de l’hydroélectricité alpine.
Le témoignage d’une architecture nouvelle
Ce monument expérimental témoigne des recherches pionnières d’Auguste Perret autour du béton armé, matériau clé de ses bâtiments emblématiques de la reconstruction de l’après-guerre (notamment dans la ville du Havre), dont il avait déjà perçu l’intérêt au début des années 1900. Au delà de l’exploit technique, cet édifice affirme une esthétique nouvelle avec sa structure apparente et sa finesse aérienne, digne d’une aiguille.

Carte postale montrant la Tour Perret en 1925
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« Restaurer la tour Perret ne consistait pas à la remettre à neuf, mais à retrouver la logique propre de l’œuvre. »
François Botton
Mais fragilisée par le temps et les intempéries, la tour Perret avait progressivement été fermée au public à partir des années 1960. Construite avec des techniques expérimentales pour l’époque, elle souffrait entre autres d’infiltrations d’eau et de la corrosion de ses structures métalliques internes. Pendant des décennies, la complexité technique et le coût considérable d’une restauration respectueuse de l’œuvre d’Auguste Perret ont repoussé sa réhabilitation, faisant de cette réouverture un événement patrimonial particulièrement attendu.
Une restauration complexe

L’intérieur de la Tour Perret en février 2026
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© Auriane Poillet / ville de Grenoble
« Restaurer la tour Perret ne consistait pas à la remettre à neuf, mais à retrouver la logique propre de l’œuvre », explique François Botton, maître d’œuvre du projet. Portée par la Ville de Grenoble avec le soutien de l’État et du Département de l’Isère, l’intervention s’est attachée à préserver le monument tout en l’adaptant aux exigences contemporaines de sécurité et d’accueil. À partir de l’été 2026, les visiteurs pourront de nouveau accéder à son belvédère et découvrir un panorama exceptionnel sur Grenoble, les massifs alpins et la vallée. Le grand retour d’un symbole, presque un siècle après son inauguration.
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